lesheuresC'est à New York, en cette fin de XXè siècle.

C'est à Londres, en 1923.

C'est à Los Angeles, en 1949.

Clarissa est éditrice, Virginia, écrivain, Laura, mère au foyer.

Trois femmes, trois histoires reliées par un subtil jeu de correspendances, dont l'émouvante cohésion ne sera révélée que dans les dernières pages...

(...)

Quatrième de couverture.

Il est rare que je lise un livre après avoir regardé le film qui en a été tiré. En l'occurrence, j'avais trouvé The hours à la médiathèque alors que je furetais sans but précis, et ce fut ma prise de la journée.

J'ai été scotchée à l'écran, bluffée par l'histoire ainsi que par les prestations des actrices.

Du coup, ce livre, il me le fallait, vous comprendrez aisément. Et là encore... quel magnifique moment de lecture! Un roman d'une sensibilité rare, où l'on est entraîné dans le sillage de ces personnages si hors du commun et à la fois si humains. Les histoires des trois femmes se lient, se rejoignent, se télescopent par moments, toujours avec force, ne laissant jamais le lecteur indifférent.

Les héroïnes sont très fortes, et remarquablement bien décrites. Virginia Woolf, d'abord, qui sombre dans les méandres de sa propre intelligence, quelque part prisonnière de l'amour que lui voue son mari, inquiet et prévenant: furieusement émouvante. Elle me fait un peu penser à un oiseau dans une cage dorée, qui ne souhaite qu'une chose, vivre quel qu'en soit le prix.

Laura Brown est le personnage qui m'a le moins émue, et pourtant, elle renvoie aussi une image très forte: le décalage dévastateur entre ce qu'elle est et ce qu'elle aurait voulu devenir. Elle a pourtant tout pour être heureuse, selon les canons de sa société. Un mari extraordinaire également, héros de guerre, bel homme, attentionné... La frustration et le désespoir n'en sont que plus grands, et même l'amour de ses enfants ne parvient pas à la sauver.

Clarissa aussi vous étreint le coeur. Parfait produit de la génération de la libération des moeurs, femme libre mais nullement égocentrique. Hantée par son passé qui ne cesse de revenir dans ses pensées, tel une situation irrésolue. Portée par sa générosité.

Cette journée dans la vie des trois femmes s'étend, se laisse lire heure après heure, nous livrant tour à tour leurs contradictions, leurs sentiments, leur humanité profonde. Tout est lié par un élément central, bien sûr, qui transcende la simple addition d'histoires de vie: le roman. Mrs Dalloway, que Virginia est en train d'écrire, que Laura dévore et dont Clarissa incarne la protagoniste. Magique.

Un véritable coup de coeur que je vous recommande de lire si vous ne l'avez déjà fait.