bottesrougesCorrespondant d'un journal local dans un petit village perdu, le narrateur vit dans le calme des rituels immuables depuis de longues années: l'épluchage des pommes de terre auquel il se consacre avec une dévotion toute particulière, et l'apéro avec son voisin Basile, magasinier.

Or un jour, Basile manque au rendez-vous et ce sont des cris et bruits étranges que l'on entend dans sa maison... Trois jours plus tard, Basile réapparaît, hagard et coupable. Lui, le magasinier heureux, placide et fidèle, a succombé aux charmes d'une stagiaire et, depuis que sa femme Rose l'a appris, elle est tombée en dépression.

Basile entreprendra de recoller les morceaux coûte que coûte, mais le prix à payer sera démesuré, d'autant plus que la jeune fille est retrouvée morte et que sa manipulatrice de femme ne s'arrêtera devant aucune humiliation pour lui faire expier sa faute.

Franz Bartelt explore la vie du commun des mortels à travers leurs aspirations, leurs satisfactions, leurs mesquineries et leur médiocrité quotidienne, bref, ce qui fait de chacun l'être humain moyen, plein de défauts et de contradictions, de bon et de moins bon.

Son choix de scénario est fort intelligent, car l'ambiance de petit village exacerbe les tensions et précipite les événements (je partage à cette occasion un adage équatorien très connu et très à propos: "petit village, grand enfer"). Son ton est pince sans rire, simple, un peu blasé quelquefois, sa plume tranquille mais efficace. On ne s'ennuie pas en lisant Bartelt, mais la lecture en est posée, douce-amère, drôle et émouvante à la fois.

Une belle découverte, donc, que je m'apprête à continuer de ce pas, car j'ai Les noeuds sur le dessus de la PAL qui n'attend que moi.

L'avis de Valdebaz, que je remercie pour le prêt.

Franz Bartelt, Les bottes rouges, Espace nord.