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A sept heures, Maijo fort matinale après son expérience à l'école primaire (et frigorifiée par les temps qui courent), prend le train de Paris. Pas très rassurée non plus, car elle a oublié de faire ses repérages de métro parisien, a oublié son plan et n'a qu'une vague idée du lieu de rendez-vous.

Une fois à Paris, la tête encore fort embrumée, Maijo emprunte le métro jusqu'à Nation. En face d'elle, un monsieur, semblable à n'importe quel autre monsieur, prend place. Ils ne se regardent même pas, d'ailleurs. Changement de ligne à Nation; il n'y a pas foule sur le quai mais, tiens, c'est étonnant, le même monsieur qui était en face tout à l'heure. Qui pour l'instant, ressemble toujours à n'importe quel autre monsieur... avec un carton à dessins: peut-être se rend-il aussi au salon? C'est même fort probable. Le métro tarde à venir, les neurones de Maijo commencent à sortir de leur léthargie. Tiens, le "monsieur au carton qui ressemble à n'importe quel autre monsieur", ne semble plus si inconnu que ça, finalement. Maijo lui trouve un petit air de déjà vu... mais un neurone léthargique est fort paresseux, ceux qui connaissent en conviendront. Et puis on m'a toujours appris que ce n'est pas poli de dévisager les gens.

Alors les neurones entrent en surchauffe. Il faut garder le visage en tête et tenter en même temps de découvrir si oui ou non, on a déjà rencontré le monsieur. Le cas échéant, tenter de se rappeler qui il est, bien sûr... Il n'y a pas grand traffic, samedi matin, la rame respecte le rythme lent des neurones de Maijo, qui tiennent encore de la voiture en panne de batterie. Des déclics commencent à se faire, fugaces. Ça devient compliqué, il faut allier concentration, évocation, observation, déduction... Le monsieur doit dessiner, puisqu'il se promène avec un carton à dessins. Par ailleurs, Maijo l'a déjà vu, ça semble certain, et il n'y a pas si longtemps, en plus, sinon elle ne s'en souviendrait déjà plus du tout.

D'un coup, venue de je ne sais quel espace intersidéral, la solution se présente à Maijo soudainement. Cela fait juste dix minutes qu'elle est en face de Philippe-Henri Turin, qui avait fait une magnifique dédicace à Nounours lors de la fête du livre de Lyon, avec qui elle avait discuté pendant environ une demi-heure.

Fort heureusement, le cerveau est encore endormi et la timidité de Maijo avec. Elle s'approche donc du monsieur pour lui demander si oui ou non c'est bien lui. Ce à quoi il répond qu'il l'a reconnue depuis un moment (bienheureux de lui qui doit être bien plus réveillé qu'elle) mais qu'il n'osait pas l'aborder...

La rame du métro arrive, nous reprenons notre route en discutant, et c'est comme ça que j'entre au Salon du livre de jeunesse 2008, où m'attend Fashion. Mais ça c'est une autre histoire qui vaut un autre billet.