From China with love

Nos nouvelles aventures à Taishan

04 janvier 2009

Petits rois

Un petit bricolage rapide pour les couronnes des rois. Des bandes de carton de 15 cm de large, une éponge de cuisine (neuve), découpée en morceaux, de l'encre (ou de la peinture). Et voilà...

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Cette musique que je partage avec vous aujourd'hui, a bercé toute mon enfance. Ce sont des chants de Noël écrits sur des musiques andines. Celle-ci, bien entendu, parle de l'arrivée des rois et des cadeaux qu'ils ont offert à l'Enfant: de la liqueur, du miel, et un poncho blanc en alpaga.

Posté par maijo à 16:17 - Notre quotidien - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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"L'économie de la renommée en vaut bien une autre"

Cela faisait pas moins de 5 mois que Specials s'empoussiérait sur ma Pile à commenter... Aussi, lorsque Extras m'est parvenu, j'ai dû replonger dans mes souvenirs et mon explication risque de ne pas être très claire...

specialsMalgré ses efforts pour échapper à la programmation, Tally est récupérée par la ville qui, une fois encore s'est servie d'elle pour tenter de venir à bout des fumants. Cette fois, elle subit une dernière opération, qui fait d'elle une redoutable Special. Elle est programmée pour défendre les intérêts de la ville, sa société. Mais comme avant, quelque chose en elle refuse de s'y soumettre totalement. Ses nouvelles performances de Special mitigées par quelques restes plus ou moins présents d'humanité sont le point de départ de nouvelles aventures qui transformeront à jamais le monde de Tally. Mais au-delà de l'action, l'auteur élargit le questionnement en nous présentant un monde différent, où le totalitarisme absolu a laissé la place à toutes les dérives de la liberté retrouvée. L'homme peut-il vivre affranchi de toute autorité sans se détruire? Voilà entre autres les problématiques vers lesquelles nous mène Scott Westerfeld dans cette aventure palpitante.

extrasTrois ans après le déferlement d'intelligence qui conclut Specials, l'auteur nous plonge dans une nouvelle société où le règne de la beauté a laissé la place à celui de la renommée. Tous les mérites et avantages ne peuvent être acquis que si l'on est une vedette ou si l'on "claque" des histoires plus ou moins croustillantes. Aya Fuse, jeune ugly de quinze ans  désespère de se faire connaître; mais lorsqu'elle trouve enfin le sujet qui va la propulser dans les cimes de la reconnaissance, elle déclenche une aventure avec moult rebondissements, dont la réapparition de la fameuse Tally Youngblood.

Ce quatrième opus n'était pas prévu dans la trilogie initiale, très fine et dont la fin est très cohérente. Il présente, donc, à mon avis, plus de faiblesses que les trois premiers volets. J'ai senti beaucoup de parallèles entre le personnage d'Aya et celui de Tally dans Uglies: le questionnement sur ce qui est bien ou pas, l'envie irrésistible d'accéder à une existence sociale, la découverte qu'il existe un monde en dehors de celui tant vanté par la société en vogue. Seulement, Aya n'est pas Tally et son petit copain est loin de valoir David ou Zane: les protagonistes perdent à la comparaison, trop évidente.

Il n'en reste pas moins qu'il nous permet de voir que le monde, même libéré est toujours prêt à dériver vers une nouvelle folie, et c'est ça le talent de l'auteur, nous poser toujours de nouvelles interrogations sur la liberté et ses excès, sur le prix à payer de sa personne pour "exister" dans la société, le malheur de ceux qui n'y arrivent pas, le bonheur de ceux qui ne veulent pas y arriver... Une suite peut-être pas aussi percutante que la trilogie d'origine, mais un bon moment de lecture tout de même.

Vous pouvez retrouver les avis de Brize, Emmyne et Fashion (que je remercie pour ce livre_voyageur).

Vous pouvez aussi retrouver les billets sur Uglies et Pretties.

Posté par maijo à 07:03 - Mes lectures - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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03 janvier 2009

"Mon coeur est une éponge gorgée de tristesse"

Le_pays_sans_adultesA onze ans, Slimane ne connaît que la violence de son père et la soumission de sa mère face au Démon: les adultes ont instauré le royaume de la peur et de la souffrance. Seul son frère Maxence l'aide à voir la vie sous un autre angle, à protéger son coeur contre la brutalité et l'amour dévoyé (car lâche) de sa mère, à rêver une vie meilleure, une vie en couleur, une vie d'espoir, malgré la grisaille de leur quotidien.

Maxence, treize ans, le réfléchi, le clairvoyant. Sa sagesse est grande malgré son jeune âge, et son malheur est d'autant plus grand qu'il en comprend les ficelles comme un enfant impuissant qui a trop vécu. Son seul pouvoir est celui de protéger son petit frère, sa seule arme face au Démon est l'indifférence. Mais un jour le malheur est trop grand, qui se change en désespoir. Alors Maxence part, seul, pour le pays sans enfants.

La solitude de Slimane devient alors un puits de noirceur, dense, palpable, désespérante. Il ne voit qu'un chemin pour en sortir, plonger dedans tête la première pour aller rejoindre son grand frère. Mais c'est une autre voie qui lui est offerte: l'occasion de côtoyer d'autres détresses, d'autres désespoirs, de comprendre et d'être compris, de connaître le respect, la compassion, la possibilité de sortir de la spirale de la haine. C'est alors fort de ces rencontres que Slimane pourra raconter à Maxence que sa vie vaut la peine d'être non seulement rêvée, mais vécue également.

Les mots me manquent pour parler de ce livre, tellement ils ont été noyés par les larmes à la fin de la lecture. Oui, seulement à la fin, bien que plusieurs fois j'aie eu ce noeud à la gorge qui m'empêchait de respirer. Ondine Khayat nous plonge dans un sujet dramatique sans jamais en faire trop. La noirceur des événements est toujours sauvée in extremis par la luminosité des rêves d'enfant et de leur langage, une naïveté empreinte de sagesse, une sensibilité qui dépasse la douleur. On pleure de savoir que cette vie est celle de milliers d'enfants et de femmes, et c'est surtout le décalage entre la tendresse de Maxence et la brutalité qui rend les choses encore plus visibles. La plume de l'auteure est pleine de cette poésie enfantine et de cette sensibilité, elle coule toute seule et se glisse dans le coeur du lecteur. Elle fait mal et elle fait du bien en même temps, elle est lumineuse mais simple. Une lecture qui marque, assurément.

Merci infiniment à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Anne Carrière pour cette très belle lecture.

Les avis de Karine, Joelle, Cathulu, Praline, Brize, Lucy, Aifelle, Cryssilda, Katell, toutes enthousiastes.

Posté par maijo à 06:46 - Mes lectures - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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02 janvier 2009

Il n'est pas encore trop tard

2009 est encore toute jeunette et m'apparaît déjà pleine de promesses. Pour nous, vous le savez, cette année est synonyme de grand changement. La Chine nous tend les bras et dans trois mois (oui, "que", moi-même ça me panique déjà), ma petite famille bouclera ses valises pour cette nouvelle étape. Aussi, avant de tomber dans la morosité qui me gagne à chaque mois de janvier depuis que j'ai rencontré Monsieur Hiver il y a dix ans, voilà un petit bilan de l'année qui vient de se terminer.

2008 fut pleine de choses très positives, en ce qui concerne la blogosphère et la lecture. Notamment:

- Plus de cinquante livres lus et chroniqués et au moins autant de lus et non chroniqués, faute de temps (car j'ai beau être une grosse lectrice, l'écriture me pose encore quelques problèmes -de volonté surtout :D ). Un nombre à peu près équivalent de découvertes en littérature jeunesse: nouvelles collections, nouveaux albums, nouveaux récits (mon loulou grandissant, et aussi pour mon plus grand plaisir).

- Année de soooooooooo romantic sagas: Twilight qui reste un moment inoubliable, surtout le premier volet qui me fit complètement tourner la tête. Depuis, le froid et parfait Edward Cullen hante encore quelques uns de mes rêves de midinette, je l'avoue sans honte. Il y eut également  Otherworld (rien que de repenser à Clayton, j'en soupire les yeux fermés), dont il ne me manque plus qu'un volume, égaré je ne sais où entre mes diverses PAL. Sagamaniaque comme je suis (j'invente des mots si je veux, d'abord) ces deux sagas ont eu le mérite de me relancer dans la lecture en anglais. J'inclus aussi la très victorienne Anne Perry avec les aventures de Thomas et Charlotte Pitt, lues de bout en bout pendant ma traditionnelle déprime de janvier, ainsi que les aventures de frère Cadfael dont je touche presque au bout.

- Année de swaps, six en tout, tous de vrais succès, car j'ai été autant gâtée qu'il est possible de l'imaginer, j'ai découvert plein de nouvelles choses, de beaux romans notamment. Et parce que j'ai pris un plaisir fou à confectionner mes colis. Sans oublier le PIF, dont je dois encore un exemplaire qui est en cours de fabrication.

- Année de rencontres. Les blogueuses lyonnaises: Mammilou qui, comme moi aime les photos de reflets dans l'eau, Mamma mia et les loisirs créatifs. Bladelor, qui est maintenant partie :(. Et, bien sûr, Books and the city, marathon littéraire parisien qui me valut l'honneur de rencontrer Patricia Parry, Carolyn Grey, Mo, Brize et Marie, mes brillantes coéquipières. Mais également Fashion, Stéphanie, Amanda, Chiffonnette, Caro[line] , rencontrée plus longuement par la suite à Saint-Etienne...

- Année de salons du livre: vous voir y aller m'en a donné l'envie, puis j'y ai pris énormément de goût. J'ai rencontré des gens formidables ou que j'admire beaucoup. Marcus Malte, Jean Philippe Blondel, Timothée de Fombelle. Mention spéciale pour Régine Joséphine, Roxane Marie Galliez et Mary Dollinger, dont la gentillesse égale le talent.

- Année de découvertes, notamment année du manga, avec plusieurs titres lus même si je ne les ai pas chroniqués.

- Les livres qui m'ont marquée en cette année 2008, outre ceux précédemment cités:

  • Tobie Lolness
  • Le pays sans adultes (dont je devrais écrire bientôt le billet)
  • Notre dame aux écailles
  • Les heures
  • Uglies, Pretties, Specials, Extras
  • Le cercle du Phénix
  • L'ombre du vent (grand coup de coeur de l'année)

Voilà, une fois le bilan fait, je vous souhaite à tous, bien sûr, une belle et douce année 2009, pleine de livres, de rencontres, de sexy men, de personnages abracadabrants, de joie et de bonne humeur. Et plein d'énergie aussi, pour en profiter!

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Journal désespéré d'un écrivain raté

journal_crivainrat_Cela fait un petit moment que j'ai lu ce petit journal. Et j'y ai pris un grand plaisir, car Mary Dollinger décale, extrapole, met face à face deux visions du monde qui destabilisent  complètement les personnages, pour la plus grande joie du lecteur.

Elle part d'une idée simple, mais c'est bien là la clé du succès: un écrivain du XIXè siècle confronté à un éditeur du XXIè, les belles lettres face à la recherche du profit à tout prix, l'éditeur qui attend de l'auteur non plus qu'il écrive un chef d'oeuvre, mais qu'il se plie aux diktats du lectorat, plus souvent en quête de divertissement et de légèreté que de profondeur... Sueurs froides, syncopes, coups de sang sont donc au rendez-vous, de part et d'autre. Il y a les doux, tels Flaubert, démontés par le discours de l'éditeur, qui prennent sur eux et s'étouffent à petit feu. Il y a les autres, tels Hugo, qui partent en claquant violemment la porte, ou Zola qui ne fait pas de concessions face à la réalité. Sans oublier ceux qui n'auraient tout bonnement pas été publiés.

Au-delà de toutes ces anecdotes drôles, navrantes ou attendrissantes, ce récit pose tout de même la question de ce que serait la culture française aujourd'hui si les écrivains souscrivaient aveuglément aux désidératas du monde éditorial. Imaginons nous un monde sans Balzac, une société qu'Hugo n'aurait pas dénoncée dans Les Misérables, que Zola n'aurait pas décrite jusqu'au plus infime détail? Quelles traces resteront dans quelques dizaines d'années de tous les Marc Lévy et autres qui écrivent pour publier? Quel reflet de la société? Quelle beauté du langage?

La légèreté de Mary, l'alternance de son histoire avec celle des grands donne de la légèreté au récit et le rend très vivant, j'aime beaucoup son "style pince sans rire", que certains peuvent qualifier d'humour british: flegmatique mais puissant en même temps. Le lecteur referme le livre le sourire aux lèvres et la tête remplie de réflexions.

Posté par maijo à 09:59 - Mes lectures - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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