riverdreamIl est des livres dans lesquels on s'embarque sans trop savoir à quoi s'attendre. Tel était ce Riverdream, attrapé au hasard sur l'étagère des nouvelles sorties poche de l'été 2008, après avoir lu les commentaires plus que flatteurs sur l'auteur du Trône de Fer. Je ne vais donc pas vous parler d'une lecture récente (en fait, elle remonte à l'été en question), mais qu'importe, il est des romans qui ne s'oublient pas facilement, tellement ils laissent une trace précise et profonde.

Commençons par le début, donc. En l'an 1857, le capitaine Abner Marsh est aux abois. La quasi-totalité de sa flotte vient d'être détruite au cours de l'hiver et il ne lui reste en tout qu'un seul bateau, pas très rapide. C'est donc avec étonnement qu'il reçoit une proposition de Joshua York, très bel homme aux yeux d'un gris profond et aux coffres remplis d'or. Monsieur York veut faire construire le plus beau des bateaux qui aient jamais navigué sur le Mississippi, mais à une condition, il veut en être le capitaine, libre de mener le bateau à sa guise et de se comporter comme bon lui semblera.

Pas très convaincu au début par tout ce mystère, Marsh n'est pas de taille à laisser filer le rêve d'une vie et accepte le marché. Mais à peine le Rêve de Fevre commence à silloner le fleuve, Abner Marsh entrevoit une route de sang dans son sillage...

Riverdream est d'abord un roman d'ambiance magnifiquement bien réussi! La plume de George RR Martin a cette force d'envelopper son lecteur et de le transporter dans le récit. On vit au rythme du fleuve et de ses bateaux, des plantations, des tensions. Un univers profondément masculin et très complexe, où l'on se glisse sans déplaisir, au contraire. Et au-dessus des heures moites du fleuve, plane cette noirceur profonde, cette trace sanglante et cruelle laissée par Damon Julian et son clan.

Mais pas que... Les personnages aussi font la force du roman. Le Capitaine Marsh tout d'abord, quoique long à la détente, fait preuve d'un courage et d'une loyauté qui forcent l'admiration. Tout ça par attachement à un bateau... et à un homme (enfin, on se comprend) qu'il trouve honnête. Joshua York, lui, incarne magnifiquement le mythe du vampire bon (à mille lieues d'un certain père vampire aux yeux dorés qui pourrait paraître un peu inconsistent si on en venait à comparer), forcé de se soumettre au Maître du Sang, bête assoiffée de sang et de pouvoir. Il n'empêche que le beau Joshua tentera le tout pour le tout afin de trouver une autre solution que celle d'asservir l'espèce humaine. Et le courage de Marsh sera un bon catalyseur. Et comment ne pas parler de Damon Julian, parfait de noirceur de de puissance, complètement dominé par sa nature, au point de nous faire osciller entre pitié et répulsion. Tels sont les héros de notre histoire, denses et entiers, et ils sont captivants, croyez-moi.

Bref, Riverdream est un roman que je ne saurais que trop vous conseiller. La plume de GRR Martin saura vous envoûter, vous berçant dans l'atmosphère fluviale du sud des Etats-Unis, le temps de quelques rebondissements qui ne vous permettront plus de décrocher.

Fashion et Karine l'ont lu également, et ont été conquises à leur tour (sorry les filles, mais déjà vous lire est un exploit ici; vous mettre en lien semble bien au-delà de mes possibilités).

George R. R. Martin, Riverdream, J'ai lu