hungergamesJe me suis laissée tenter par ce livre suite aux commentaires flatteurs lus ici ou là sur la blogo. Le sujet me tentait bien en plus, alors comme nous étions sur le point de faire une grosse commande pour notre bibli, j'ai proposé de l'y ajouter sur la liste ados et, quelques semaines plus tard, Hunger Games débarquait tout frais tout neuf à la Bibliothèque de Taishan.

J'ai d'abord fait la fille raisonnable et gentille de toute façon, j'avais Passage du gué et Emma à lire pour les défis: déjà il fallait qu'il soit couvert et enregistré, et puis il y avait des personnes qui souhaitaient le lire. Je ne l'ai donc récupéré que plus tard (admirez ma grande générosité et ma maîtrise de moi, si si ;) ), pour n'y passer qu'un après-midi et une soirée dessus et me coucher encore à des heures inavouables, tant j'ai été prise par l'histoire de ces Jeux de la Faim.

A seize ans, Katniss et Peeta sont tirés au sort pour participer à un jeu de téléréalité meurtrier, dont seul le vainqueur est survivant, les Hunger Games. Organisés par les autorités, ces jeux sont avant tout un moyen de domination par la peur des populations des douze districts de Panem, qui ont une seule et unique fois tenté de se rebeller. Ainsi, chaque année, un représentant du Capitole tire au sort dans chaque district un garçon et une jeune fille, pour montrer aux gens que celui-ci a pouvoir de vie et de mort sur tous ses citoyens.

Alors lorsque Katniss entend le nom de sa petite soeur lors du tirage au sort, elle est saisie d'effroi et part volontairement à sa place, car Katniss est une survivante. Ce dont elle ne se doute pas, cependant, c'est que l'autre tribut de son district a des sentiments profonds pour elle, qui la plongent elle-même dans la confusion, ce qui ne va pas manquer de se révéler tour à tour un atout et un handicap...

Comme je l'ai dit plus haut, une fois commencé le roman, hélas, comment le reposer? Comment arrêter de tourner les pages qui enchaînent rebondissements et suspense alors qu'on veut toujours en savoir plus? Car Suzanne Collins nous offre un roman au rythme enlevé, où les événements se succèdent, entrecoupés parfois des sensations de Katniss et de ses pensées, de ses souvenirs, pour nous permettre de la comprendre.

Les personnages eux-mêmes sont dépeints simplement, avec honnêteté, ce qui nous les rend tout de suite très réels et nous permet de nous attacher à certains d'entre eux. Katniss nous est bien sympathique car même si elle se trouve dans une situation ma foi assez classique dans ce genre de roman (l'héroïne qui ne semble rien avoir de remarquable et qui devient centre de l'attention des plus beaux partis de la place), elle ne se morfond pas ni ne devient larmoyante. On la sent égarée, mais on parvient à éprouver de la compassion pour elle. Et moi-même, je ne sais pas dans quelle direction se serait orienté mon coeur, car les deux jeunes hommes sont également touchants. Gale et son amitié profonde et désintéressée, Peeta et son dévouement.

Quant aux autres tributs tirés au sort cette même année, quelques uns sont mis en valeur par l'auteure, soit pour leurs atouts, soit pour leur esprit, totalement acquis à la mentalité des Hunger Games. Le portrait en est relativement effrayant, car sur cette arène se côtoient des jeunes de tous les âges et toutes les conditions, dont certains sont simplement offerts en pâture à un public obligé de regarder ses enfants se faire tuer. C'est d'ailleurs le plus intéressant de l'oeuvre de Collins, cette vision de la télévision comme pur objet de pouvoir et de domination. Pendant toute l'adolescence de leurs enfants, les parents vivent dans la crainte que leur famille soit mutilée, et dans la joie la plus indécente lorsque ce n'est pas le cas. Les mentalités changent en fonction de ces nouvelles valeurs sociales qui marquent la victoire absolue du chacun pour soi. Dans ce système, seuls des êtres relativement marginaux, comme Katniss ou Gale connaissent l'entraide, la générosité, le don de soi. Car les pauvres, plus que les autres, sont victimes de ce système qui veut bien les assister s'ils en ont besoin, en échange d'inscriptions supplémentaires de leur nom sur la liste des tirages au sort pour les jeux.

On ne peut pas dire que ce soit de la très grande littérature, mais c'est un sacré page-turner, à n'en pas douter. On referme le roman avec une seule envie en tête aller se coucher et dormir enfin: se procurer le tome deux, qui d'ailleurs me permettra de rajouter un titre au challenge de Bladelor, lire en VO (alors ça ne compte pas, n'est-ce pas?). Autant dire que ce deuxième volume vient d'être rajouté à la PAL qui m'attend déjà en France pour Noël (quoi, pas raisonnable, moi?).

Suzanne Collins, Hunger Games, Pocket jeunesse.