napayshnidepourpriliaL'enfant qui court dans le crépuscule de Pourprilia, poursuivi par un énorme loup, c'est Napayshni, le sang-mêlé, expulsé de son village à la mort de sa nourrice, chassé par la haine des villageois.

Car Napayshni n'est pas un enfant ordinaire, il a les étoiles argentées au creux de sa main; il a le don de guérison. Guérison des gens et guérison de sa terre de Pourprilia empoisonnée par le tyran. Il apprendra à utiliser ce don grace à l'aide du peuple des Moussus. Il apprendra aussi la générosité et l'amour du prochain, ce qui n'est pas facile pour un enfant qui a autant souffert de la méchanceté des siens. Mais sa quête, il ne la fera pas tout seul. Il y a Zérane, d'abord, puis Seb et Vinoc, ses amis, qui ensemble, aideront à redresser la tête des pourpriliens.

Qu'il est difficile de parler d'un livre dont on connaît l'auteure par ailleurs! Enfin, une partie, car Mel Kemaya est un duo de choc, dont je n'ai rencontré qu'une des moitiés. En fait, ce n'est pas tant la peur d'en parler comme celle de lire le roman. De le lire et de ne pas aimer. Et après? ... J'aurais mieux fait de mettre ma peur dans ma poche, avec un mouchoir par-dessus, car tout compte fait, j'ai passé quelques très bons moments en compagnie de Napay et ses amis.

Le schéma de base n'est pas super original, il faut bien l'avouer. Un peuple opprimé par un tyran qui s'est approprié tous les pouvoirs et un jeune héros qui au terme d'un apprentissage plus ou moins long, plus ou moins éprouvant, sera appelé à destabiliser la tyrannie. Ce qui est impressionnant, par contre, c'est la façon qu'a Mel Kemaya de le traiter. Elle (eh oui, étant deux femmes, je me permets) sait s'imaginer un monde tout à fait original, avec ses lianes vampires, son gaz au plomb, sa pourprose, qui tue lentement mais sûrement ceux qui sont expulsés de Gouvpolis. Et puis les Moussus, ce peuple fantastique qui prend Napayshni sous son aile pour le mener à accomplir sa mission.

Les personnages aussi sont attachants. Plus que Napay, j'avoue avoir un faible pour Seb, que je trouve à la fois tendre, réfléchi et pourtant déterminé. Cela dit, le lecteur peut s'identifier à plus d'un d'entre eux. Les Moussus sont aussi pleins de ressources et très attachants, voire drôles par moments. Les descriptions de Gunnar Areson (le tyran) sont aussi assez parlantes. Il y a une certaine recherche dans les personnages, même ceux qui étaient morts avant le début de l'histoire, mais qui viennent la compléter par le biais de journaux, de lettres et d'histoires racontées.

En revanche, une chose m'a embêtée: le lexique en fin d'ouvrage. Certains peuvent trouver que ce n'est qu'un point de détail, mais ça gâche toujours mon plaisir de lecture ces constantes allées et venues. Ça m'empêche de me concentrer et de rentrer pleinement dans l'histoire. Enfin, ce n'est qu'une peccadille pour un premier roman, n'êtes-vous pas d'accord?

Un plaisir de lecture à ne pas bouder, assurément, pour grands enfants, ados et adultes.

Mel Kemaya, Le livre des étoiles: Napayshni de Pourprilia (livre 1), Editions Amalthée, 2008, 372 p.

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