N_SElevée dans le sud de l'Angleterre et ayant vécu quelques années à Londres chez sa tante et sa cousine, Margaret Hale est bien contente de retourner dans son village de Helstone, paisible et bucolique, après le mariage de cette dernière.

En fait de paix, c'est une profonde crise de conscience chez son père pasteur qu'elle va trouver. Mr. Hale décide de quitter l'Eglise et de s'arracher du sud, littéralement, craignant trop de regretter sa décision si le moindre souvenir de Helstone venait à se glisser dans sa nouvelle vie. Il décide donc de partir avec sa famille vers le nord de l'Angleterre et de s'installer dans la ville de Milton, fief des industriels du coton.

Margaret est horrifiée par son nouvel environnement, par la rudesse de son climat et de ses habitants, ouvriers fiers et durs, ou patrons d'usine, hommes à poigne qui se sont construits à la sueur de leur front et qu'elle méprise, d'ailleurs, plus que les premiers. Parmi ceux-ci, John Thornton, à qui elle s'oppose passionnément... trop passionnément, d'ailleurs.

Autant vous le dire tout de suite, ce roman est mon tout dernier coup de coeur, promu déjà dans la catégorie livre de chevet, au même titre qu'Orgueil et préjugés. Et si l'intrigue principale rappelle quelque peu ce dernier, la ressemblance s'arrête là. Elisabeth Gaskell nous offre un très beau tableau de l'Angleterre industrielle, de cette société de travailleurs où commencent à poindre les revendications et les conflits sociaux et qui est si différente de la bonne société du sud, qui apparaît plutôt oisive et quelque peu superficielle. Peu à peu, l'aversion de Margaret pour ce nord qu'elle méprisait va se changer en compréhension, voire se teinter d'amitié et d'admiration dans certains cas.

Autour de l'intrigue principale se nouent plusieurs intrigues secondaires, qui assurent quelques rebondissements et qui nous permettent d'aller plus loin dans la connaissance des personnages, dont certains sont très attachants. Il n'est pas de héros sans défaut, et même les "méchants" sont les "bons" de quelqu'un. Je n'ai pu m'empêcher d'admirer, par exemple, la dévotion pour son fils d'une Mrs. Thornton (qui m'était particulièrement anthipatique par ailleurs). De même, je me suis attachée à Bessie, malade à cause de la fibre du coton.

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Parmi tous ces personnages hauts en couleur, John Thornton est particulièrement admirable par sa droiture et par son immense volonté, par sa maîtrise de lui-même que sa passion pour Margaret va mettre à mal. Et pour cette toute dernière scène, que j'ai dû relire un certain nombre de fois, en couinant à chacune d'elles.

Après la lecture du roman, je me suis jetée tête la première dans l'adaptation que la BBC avait fait en 2004, où Richard Armitage campe un John Thornton très sexy. L'adaptation elle-même est très bonne, même si quelques scènes m'ont paru impardonnables, notamment la fin que j'ai trouvé peu vraisemblable et assez mielleuse. Les autres raccourcis sont compréhensibles car ils permettent d'aller à l'essentiel. La psychologie des personnages est, par contre, tout à fait respectée et rendue avec subtilité. J'avoue avoir eu du mal à décrocher...

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Rien que sa voix, ou devrais-je dire SURTOUT sa voix, Oh my... j'en couine encore...

PS: ce billet me permet de me remettre en selle pour mes deux challenges:

classics 

ET

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PS2: le titre du billet est un vers d'Elliot, en 'épigraphe d'un des chapitres du roman.