darcy_gentleman_1Fitzwilliam Darcy est pour bon nombre d'entre nous un idéal de sexytude et bien d'autres choses. Nombreuses sont les images que l'on en a fait, les films qu'on en a tirés (les Darcys successifs ne gâchant rien, d'ailleurs). Son nom en a fait couler des larmes et de l'encre et aujourd'hui encore, le simple fait de lire son nom, provoque chez lesdites personnes une série de couinements extatiques. Mais qui est, en fait, Fitzwilliam Darcy? Si le roman de Jane Austen le décrit comme un jeune homme riche et de haut rang et nous donne des informations certes très importantes sur son passé, force est de constater qu'au-delà des sujets qui nourrissent l'intrigue, on en sait peu sur lui... Partant de cette idée, Pamela Aidan nous offre une trilogie où elle dépeint le quotidien de Darcy, parallèlement au déroulement du récit austenien.

Au début du premier volet, An assembly such as this, Charles Bingley et ses compagnons viennent de s'installer à Netherfield, et les nouveaux arrivants sont la coqueluche de la région. Regardant de haut cette société qui lui paraît si étriquée,  il ruine toutes ses chances de sympathiser avec la seule jeune fille qui finalement retient son attention, par sa vivacité d'esprit, par sa simplicité et sa gentillesse, Elisabeth Bennet. Sans arrêt, il va naviguer entre l'admiration qu'elle commence à lui inspirer et l'horreur que lui inspirent ses parents et ses soeurs (à l'exception de Jane). Justement, Charles tombant amoureux de Jane, Darcy fait tout pour écarter son ami de cette mésalliance qui lui serait fatale en société. Malgré l'aversion qu'elle lui inspire, il n'hésite pas à conspirer avec Caroline pour sortir son ami de cette situation. Il n'en est que plus sensible à ce qu'une alliance avec Elisabeth Bennet signifierait pour lui et sa famille. Et cependant, il ne peut s'empêcher de l'admirer chaque fois qu'il est en sa présence. Cette lutte contre l'intérêt qu'elle suscite en lui est le sentiment qui sous-tend l'intrigue de Pamela Aidan, couronné par sa déception lorsqu'il s'aperçoit qu'il ne pourra plus rien pour donner une image plus favorable de lui après l'apparition de George Wickam. Déçu, il retourne à Londres et se consacre au sauvetage de Charles. Cela ne l'a pas empêché d'emporter avec lui un petit talisman, un objet appartenant à la jeune Bennet, qu'il garde précieusement.

La trame du récit de Pamela Aidan est presque identique à celle du roman de Jane Austen. Elle a cependant ajouté quelques personnages et petites intrigues secondaires qui rendent le roman plus vivant. Les personnages, d'ailleurs, ne manquent pas d'humour, notamment le valet de Darcy, un certain Fletcher, que j'ai beaucoup apprécié même s'il est un peu caricatural. L'auteure approfondit également sur la relation entre Fitzwilliam et sa soeur, Georgiana, qu'il avait laissée à Pemberley, dévastée après sa quasi-fuite avec Wickam. Le personnage de Georgiana apporte un certain équilibre à celui de Darcy et contraste beaucoup avec celui de Caroline Bingley, qui ne cesse d'importuner Darcy bien malgré lui. Elle introduit plus amplement également le colonel Fitzwilliam, cousin de Darcy et tuteur avec lui de la jeune Georgiana.

Bref, si ce n'est pas le roman d'Austen, cela fait toujours plaisir de se replonger dans l'ambiance d'Orgueil et préjugés, bien respectée par l'auteure et d'aller plus loin en imaginant une des possibles personnalités de ce personnage de légende. Un très bon moment de lecture, qui se parcourt lentement. Ce n'est pas un page-turner et c'est tant mieux. On n'en a pas moins envie de lire les volumes suivants.

Ce roman compte pour le challenge de Bladelor.

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Pamela Aidan, Fitzwilliam Darcy gentleman: An assembly such as this (t. 1), Touchstone books, 246 p.