Notre périple sur la Route de la soie commençait par la ville de Xi'an (西安, la paix de l'ouest), ancienne capitale de l'empire sous Qin Shi Huang, qui unifia pour la première fois les royaumes combattants en 212 avant notre ère, puis sous les dynasties des Han et des Tang, jusqu'au début du Xè siècle, avant de connaître un certain déclin. Les remparts actuels, construits dans la période des Ming (XIVè au XVIIè s.), entourent une surface bien moindre que ce que fut la ville dans son ancienne splendeur. Aujourd'hui, la ville de Xi'an compte 7 millions d'habitants.

arm_e_4C'est tout près de cette ancienne capitale que se trouve le très célèbre mausolée de Qin Shi Huang, qui doit sa renommée à l'armée en terre cuite qui monte la garde aux alentours du tombeau de l'empereur. Trente-six ans et 700 000 ouvriers furent nécessaires pour la construction de ce mausolée de taille démesurée, beaucoup d'entre eux emmurés vivants d'ailleurs, afin que ni ses secrets ni son emplacement ne soient divulgués. Malgré cela, à la mort de l'empereur, le peuple opprimé se souleva, chassant le fils de Qin Shi Huang. C'est un simple soldat qui prit par la suite le pouvoir, établissant la dynastie des Han. Les voûtes du mausolée abritant l'armée en terre cuite furent la proie des flammes jusqu'à leur effondrement. Le mausolée de Qin Shi Huang fut retrouvé par hasard dans les années 1970, par des paysans qui creusaient un puits. Depuis, un immense chantier de restauration fonctionne sur les lieux. Aujourd'hui, trois fosses sont ouvertes à la visite, même si d'autres ont été découvertes.

L'armée enterrée est composée d'environ 8000 soldats d'environ 1m80, tous de visage différent, en terre cuite et peinte à l'époque, même si les couleurs ont très vite disparu après la découverte du mausolée. Dans l'immense salle n°1, les soldats sont disposés en ordre de bataille, comme pour donner la mesure de la puissance de l'armée de Qin Shi Huang. Les soldats des trois premiers rangs ne portaient pas d'armure. C'étaient les arbalétriers et ils étaient considérés comme les plus braves. (cliquez pour agrandir la photo)

Les autres soldats, portant l'armure, étaient rangés par colonnes de quatre. Les colonnes extérieures étaient tournées sur les côtés, pour ne pas se faire surprendre. On imagine encore, à la position des mains des soldats, quelles étaient les armes qu'ils portaient.

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Venaient ensuite les chars (dont quasiment rien ne subsiste), tirés par quatre chevaux (qui eux, sont encore là, enfin, certains).

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On distingue les officiers des simples soldats à leur coiffure: les premiers portent la coiffe plate au milieu de la tête, alors que les seconds portaient quasiment tous le chignon sur un côté.

Les soldats, une fois façonnés, étaient cuits à une température qui avoisinait les 900°. Ils en sortaient tout noirs, puis étaient peints, comme en témoignent les photos du musée, prises tout de suite après chaque découverte...

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De retour à Xi'an, nous avons dégusté un banquet de raviolis, suivi d'un spectacle de danse et de musique anciennes, le tout censé nous plonger dans la période d'apogée de la ville, pendant la dynastie Tang. Les raviolis étaient absolument délicieux et magnifiques: chaque variété ayant été façonnée selon sa farce (poissons, poulet, cochon, légumes...) c'était assez réussi, il faut l'avouer. Suivait une soupe servie en soupière sur réchaud à table, où la serveuse plongeait quelques mini-raviolis, censés nous annoncer notre fortune. Le spectacle était si beau que, malgré l'heure tardive et la fatigue du voyage, même les enfants ont tout suivi, émerveillés, du début à la fin.

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Le lendemain, nous avons fait une courte visite de la ville. Nous avons commencé par la Grande Mosquée, au sein du quartier musulman. Bien que bouddhiste, la Chine des Tang faisait preuve d'une grande ouverture d'esprit. C'est ainsi que l'Islam fait son entrée en Chine, par le même chemin que les marchands, en empruntant la Route de la Soie. L'architecture de cette grande mosquée reste essentiellement bouddhiste toutefois, et ressemble pour beaucoup à celle d'un temple. C'est surtout flagrant dans le cas du minaret...

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Après notre sortie, flânerie dans le quartier musulman, où l'on prépare des noix au sel et au piment dans une drôle de machine. C'est une spécialité de la région, que l'on trouve partout. C'est... assez particulier. Puis, nous sommes allés vers les remparts, en passant près des tours de la cloche (celle qui sonne le matin) et du tambour (sur la photo, c'est celle qui sonne le soir).

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Pour finir notre visite, nous nous sommes rendus à la Petite pagode de l'oie sauvage. Construite initialement pour servir de bibliothèque, elle contenait des sutras rapportés d'Inde. Aujourd'hui, même si elle a perdu ce rôle, elle n'en reste pas moins un magnifique monument. Nous avons eu droit à une petite initiation à la calligraphie, offerte par un artiste. Les grands-parents étaient très intéressés, et les enfants en sont sortis enchantés, avec leur nom calligraphié sur du papier de riz: un très beau souvenir pour chacun. Le parc qui l'entoure est également très beau. On peut y visiter, en plus, le musée d'histoire de la ville, qui nous a beaucoup plu.

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C'est ainsi que se terminait notre visite dans la belle ville de Xi'an. L'après-midi même, nous prenions l'avion pour nous rendre à Urumqi (乌鲁木齐, Wulumuqi en chinois), puis après quelques péripéties (dont un avion raté) à Kashgar (喀什, Kashi) dans la province du Xinjiang, tout à l'ouest de la Chine.