Canton est pour nous, français de Taishan, souvent synonyme de courses. On y va parce qu'il y a Metro et donc du fromage, des petits écoliers, des pâtes barilla et de la bonne viande rouge, entre autres choses. Ou parce qu'il y a Decat' et toujours un petit quelque chose à acheter côté vêtements (à Taishan c'est vraiment la misère profonde, et en plus la plupart des chinioses s'habillent en 34 fillette tellement elles sont minces) ou équipements sportifs. On y va pour se rendre chez le suédois et on découvre que même le samedi après-midi à Evry peut paraître cool à côté de la fréquentation du magasin de Canton. Bref, vous l'aurez compris, la ville est associée, à tort je serais tentée de dire, à une corvée: deux heures de voyage aller, courses, deux heures de voyage retour puis rangement des courses...

bIMG_7263Et pourtant, il y a plein de choses intéressantes à découvrir dans cette gigantesque ville aux plus de 2200 ans d'histoire, troisième de la Chine en importance, porte de la Chine du sud, accès de la Route de la Soie maritime. Alors, de temps en temps, il fait bon aussi juste de se réserver un hôtel dans l'île de Shamian (où étaient établies les concessions occidentales) pour profiter du calme et de partir à la découverte de la ville, de ses sites touristiques.

Mi janvier, nous avons donc pu nous promener et visiter plusieurs temples. Ceux de la Brillante Piété Filiale (j'adore ces noms chinois) et des Six Banians, que les garçons avaient visité avec l'école récemment et pour lesquels ils ont officié en tant que guides touristiques.

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Les fidèles font toujours des offrandes aux bouddhas. Sur leurs autels on trouve toujours des fruits, de l'eau, du riz, de l'huile, voire même des plats cuisinés, comme c'était le cas en Indonésie.

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Eux, ce sont les gardes des points cardinaux; enfin, deux d'entre eux...

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La pagode du Temple des Six Banians, un des plus connus de la ville.

Puis, nous nous sommes dirigés vers le temple des Cinq Immortels, situé, d'après la légende, à l'endroit où, il y a 2200 ans, cinq génies montés sur des chèvres seraient venus offrir aux villageois du riz et du grain, qui est l'acte fondateur de la ville de Canton (Guangzhou).

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La tour de la cloche du Temple des Cinq immortels a été construite sous la dynastie Ming. On y accède par un escalier assez étroit et escarpé (ceux qui, comme moi, ont le vertige, sont servis). Elle héberge aujourd'hui la plus grande cloche de Chine, qui pouvait être entendue à 45 km de distance et pendant une durée supérieure à deux minutes. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'à l'état de relique, mais elle est vraiment impressionante.

Toutes ces visites nous ayant finalement ouvert l'appétit, car nous avons marché d'un temple à l'autre, nous nous sommes arrêtés dans un "boui-boui" pour manger quelques dim-sum (raviolis chinois), moins bons que ceux qu'on trouve au marché à Taishan, mais il y avait tout de même plus de variété. Marcher dans les quartiers traditionnels de Canton a quelque chose de presque surnaturel. Il faut savoir que les chinois sont un peuple très commerçant et quasiment tous les rez-de-chaussée d'immeubles abritent un magasin, le plus souvent de petite taille, mais il y a de tout. De plus, les commerçants sont réunis par corps de métier. Donc, lorsque vous vous promenez dans la rue de l'électronique, ce sont des magasins d'électronique à perte de vue. De même pour les antiquaires, les chausseurs, les artistes, etc. Notre lot du week-end était, tout d'abord les magasins voués au culte bouddhiste, bien évidemment: aux abords des temples, des ruelles entières de petits magasins qui vendent à peu près tous les mêmes choses, destinées au culte. Puis, nous avons arpenté la rue des LED et toutes sortes d'éclairages, de la LED vendue à la pièce aux panneaux à texte déroulant, de toutes les tailles, couleurs, etc., Ensuite, nous nous sommes retrouvés dans celle des composants électriques: câbles, éléments de conectique, le tout vendu à la pièce et par millions d'unités. Dans l'après-midi, nous avons même été dans la rue des quincaillers: un alignement de chaînes métalliques de toutes tailles, grosseurs, couleurs, puis des boucles de ceinture, etc. Il en va de même lorsqu'on veut acheter des équipenents technologiques ou des tissus. Le fabric market de Shenzhen, que j'ai visité, est impressionnant. C'est quelque chose que je n'ai jamais vu ailleurs et qui se remarque tout de suite dès qu'on arpente les rues de la ville. Bien entendu, il y a aussi les gigantesques malls, plus qu'un européen ne peut le concevoir, absolument partout, et toujours pleins de monde.

Alors, justement, pour échapper au monde, nous sommes allés nous balader dans le parc Yuexiu, un des seuls suffisament grands (plus de 90 ha) pour pouvoir avoir l'impression de ne pas être dans la cohue permanente. Et dans ce fameux parc, se trouve justement un des emblèmes de la ville de Canton...

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Si vous avez un peu suivi ce dont on a parlé jusqu'ici, vous allez pouvoir trouver ce que représente cette statue. Eh oui, ce sont les cinq chèvres qui servirent de monture aux Cinq Immortels lors de leur arrivée à Canton!

bIMG_7320Un petit clin d'oeil à la culture française, alors qu'on s'apprêtait à sortir du parc Yuexiu (c'est à dire que nous commencions à nous diriger vers la sortie... que nous n'avons atteint qu'une demi-heure plus tard). Vous la reconnaissez, jespère? La fable, 狐狸和乌鸦 (hu li he wu ya), est écrite en chinois, sur une pierre, au pied de Maître Renard.

Après tous ces temples, nous avons poussé la balade jusqu'à la Cathédrale Notre Dame, très difficile à photographier car très haute et très encaissée. Trop contents nous étions, d'y entrer et de suivre un petit bout de messe, même si elle était en coréen (pour la messe en anglais, il fallait arriver une heure plus tard). Pour rentrer à l'hôtel, nous avons emprunté une petite ruelle pleine de marchands, avec la circulation que nous appelons à la chinoise: deux vélos en sens inverse, chargés, chacun presque plus large que la ruelle, elle même encombrée de marchands ambulants. Ce n'est qu'un exemple. Les garçons sont souvent fascinés devant un tel spectacle.

Le lendemain, dimanche, il ne faut pas pousser, nous avons tout de même fait quelques courses... chez le suédois principalement, avant de reprendre notre bus, chargés comme des baudets, et de venir ranger lesdites courses. ;-)

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