amoursdenferCinq auteurs, cinq nouvelles sur le thème de l'amour, toutes mettant en scène des adolescents. J'ai beau avoir lu Nuits d'enfer au paradis et ne pas l'avoir trouvé extraordinaire, cette nouvelle tentative de la maison Harper Collins mettait en avant le nom de Scott Westerfeld, autant dire qu'il était difficile pour moi de me retenir.

J'aime beaucoup la nouvelle en général. Il faut une certaine maîtrise pour installer une intrigue et la dénouer assez rapidement sans pour autant que le lecteur reste sur sa faim. On n'a pas forcément le temps de s'attacher aux protagonistes, quoique. Et je dois reconnaître que certaines des nouvelles de ce recueil relèvent le défi, malgré une certaine facilité que se croient permis les écrivains de nouvelles pour la jeunesse.

De l'efficacité, donc.

Scott Westerfeld revisite un monde qui lui est cher: la société parfaite. A l'heure où même les fonctions biologiques telles que le renouvellement cellulaire sont contrôlées par ordinateur, le cours de fléaux au lycée étudie la façon dont vivaient les humains avant. Chaque jeune doit choisir de souffrir pendant quelques semaines un des fléaux qui touchaient les sociétés anciennes: la faim, le sommeil, la maladie, le dérèglement hormonal qu'accompagne l'adolescence... Les conséquences pour certains d'entre eux sont inattendues.

Coup de foudre exploite la légende des selkies, ces femmes (ou plus rarement des hommes, comme ici) qui revêtent une peau de phoque et vivent dans la mer. Quelque peu revisitée, l'histoire de Murrin et Alana, menacée par le perfide Veikko, met en scène une adolescente bien décidée à ne pas tomber amoureuse, mais qui est incapable de rester insensible au charme du selkie dont elle a trouvé la peau.

Le fantôme de mes rêves (oh, l'affreuse traduction) n'est pas une perle de subtilité, mais c'est une bien émouvante petite nouvelle sur le fantôme d'un jeune homme assassiné cruellement par son beau-père vingt ans auparavant et qui hante les rêves de la jeune fille qui vient de s'installer dans la maison. On apprécie que l'auteure n'en ait pas fait des tonnes quant aux copains de Brenda, qui la croient relativement sans sourciller ce qui n'ajoute pas de sous-intrigue artificielle.

Les liens du sang (encore une traduction à deux francs six sous) évoque une légende sur le peuple des elfes, dont la reine accueille le fiancé de Jeannie, sauvagement assassiné par les habitants de son propre village, qui le croient un esprit malin. J'en ai apprécié le caractère de Jeannie, indépendante, cherchant à avoir une vie malgré l'horreur de vivre dans un village complètement arriéré. L'histoire d'amour, elle, m'a nettement moins enthousiasmée.

Quant à la dernière, Caprice de fan, c'est difficile d'en parler sans spoiler. Mais je n'ai pas grand chose à en dire non plus, c'est celle qui m'a le moins convaincue du recueil.

Je ne vous donnerai donc pas cinq bonnes raisons de lire Love is hell (titre anglais que je trouve bien plus joli), mais si l'envie vous en prend, laissez-vous tenter, vous passerez un agréable moment en compagnie des jeunes héros.

Scott Westerfeld et al., Amours d'enfer, Hachette, coll. Blackmoon, 2009, 255 p.