Beaux gossesC'est avec une immense envie et, il faut bien l'avouer, un tantinet d'appréhension, que je me suis rendue au cinéma samedi soir en compagnie de trois charmantes blogueuses, pour regarder cette nouvelle version revisitée des Trois Mousquetaires. Pourquoi appréhension, me direz-vous. Parce qu'on sentait le film grand public. Parce qu'on a peur que l'esprit du roman soit jeté aux oubliettes. Parce que quand on a lu Les trois mousquetaires au collège, on est tombé éperdument amoureuse d'Athos. Et on a détesté Milady, et on a souffert pour D'Artagnan, et qu'on craint que tous ces beaux acteurs et actrices, aussi bons soient-ils, ne soient pas à la hauteur. Et parce qu'on se demande depuis qu'on a vu la bande-annonce si le défi de revisiter un grand classique (qui a connu tant d'adaptations au cinéma) avec une grosse touche steampunk va être relevé.

Mes craintes étaient en grande partie infondées, chers lecteurs. Parce que malgré quelques bémols que je ne nierai pas, Paul Anderson nous offre un vrai film d'aventures, drôle, enjoué et qui respecte en grande partie l'esprit de l'oeuvre d'Alexandre Dumas, même si l'intrigue ne colle pas mot pour mot à l'histoire.

Parlons de l'intrigue, tout d'abord. D'Artagnan quitte sa Gascogne natale pour se rendre à Paris, dans l'intention de rejoindre le corps des mousquetaires. Le sort voudra qu'il rencontre Rochefort, le capitaine des gardes de Richelieu et qu'il s'en fasse un ennemi mortel. A son arrivée à Paris, D'Artagnan rencontre les légendaires Athos, Porthos et Aramis, trois mousquetaires désabusés suite à la trahison de Milady de Winter et Lord Buckingam un an auparavant. Il leur insufflera l'énergie nécessaire pour freiner la soif de pouvoir du cardinal Richelieu et arrêter les conspirations qui menacent le trône de France.

Commençons par les bémols. Ils se comptent déjà au niveau de la gent féminine. Milla Jovovich n'a pas la carrure pour jouer la perfide Milady, et ce ne sont pas ses quelques exploits sportifs qui aident à passer la pilule. Et, bon, l'histoire de D'Artagnan et Constance relève plutôt de l'amourette d'adolescent, donc pas de véritable enjeu à ce niveau là.

En revanche, les personnages masculins, et notamment les mousquetaires, sont une réussite. Mon seul regret étant que Matthew Mc Fadyen (dont je suis pourtant une grande fan), malgré sa voix et son jeu excellents, ne soit pas un Athos plus sombre, plus profond et limite, plus présent.  Par conséquent, ce sont ses deux comparses, Aramis et (surtout) Porthos, qui crèvent l'écran. Quant à Buckingham, l'image de bellâtre qui lui collait à la peau depuis toujours en ce qui me concernait n'est plus. Orlando Bloom parvient à en faire un méchant sans jouer le séducteur et sans en faire des tonnes.

Alors venons-en à ce vent de steampunk qui a soufflé sur le roman d'Alexandre Dumas. J'avais franchement peur qu'il sonne artificiel et anachronique. En réalité, il n'en est rien. Les adaptations se tiennent au niveau du scénario, la logique n'est jamais heurtée pour peu qu'on adhère au point de vue. Les scènes de batailles sont formidables et, si, si, palpitantes. Et les plans et les machines de guerre (pour ne citer qu'elles) m'ont paru beaucoup moins choquantes que ne m'ont paru inintéressantes les scènes de combat au ralenti dont nous soupons depuis Matrix et qui ont même été reprises par Dreamworks depuis.

Le résultat est un film qui se laisse franchement regarder, avec de beaux bons acteurs et quelques dialogues pleins de drôlerie. Encore une bonne soirée ciné, passée en bonne compagnie.

The Three Musketeers 2011