viscountwholovedmeJe vous avais dit que j'avais aimé d'amour la première romance que j'avais lu de Julia Quinn, The Duke and I. Comme je me connais, et que j'avais des soupçons assez forts sur le potentiel addictif de cette série, j'avais commandé les deux premiers volumes. Aussi, à peine venais-je de finir l'histoire de Daphne et Simon, que je me lançais déjà dans celle d'Anthony Bridgerton, l'aîné de la fratrie (il faut suivre, hein, avec les prénoms dans l'ordre alphabétique et tout et tout). Pour mon plus grand plaisir.

A la mort du Vicomte Bridgerton, père aimant et très aimé, Anthony a dix-huit ans. Cette perte lui est tellement douloureuse, qu'il en conçoit la certitude que lui-même ne vivra pas au-delà des trente-huit ans qu'avait son père lors de sa mort. Lorsqu'il décide de se marier, onze ans plus tard, c'est très dans cette logique qu'il envisage d'épouser une jeune femme jolie, intelligente et aimable, mais certainement pas quelqu'un dont il pourrait tomber amoureux. La jeune débutante Edwina Sheffield lui paraît être le parti idéal. Mais Edwina, d'extraction plutôt modeste, débute en société aux côtés de sa soeur aînée Kate, dont le but dans la vie semble être d'assurer le bonheur de sa soeur cadette en la protégeant des mauvais partis. Et elle semble prête à remuer ciel et terre pour s'interposer dans les projets du vicomte, car il a une terrible réputation (pas totalement imméritée) de séducteur.

A force de l'affronter, cependant, Kate aura l'occasion de découvrir la personnalité d'Anthony au-delà des on-dits, et quelle ne sera pas sa surprise de découvrir que son propre coeur est en train de chavirer. Anthony, pour sa part, se rend vite compte que malgré les colères dans lesquelles est capable de l'entraîner Kate, elle ne représente pas moins un danger pour lui: celui de finalement tomber amoureux et de chambouler ainsi les convictions qu'il s'était forgé en atteignant la vie adulte.

Oh, la délicieuse petite romance que voici, chers lecteurs. Encore une fois, Julia Quinn nous régale de sa plume pleine d'humour et de rebondissements. Certaines scènes sont tout bonnement incroyables, notamment les disputes entre Kate et Anthony, qui se retrouvent souvent dans des situations non moins crédibles pour être abracadabrantes. Et en même temps, on sent peu à peu naître une tendresse entre ces deux personnages qui m'a fait rêver. La scène du premier orage, sous le bureau d'Anthony est émouvante à souhait, ainsi que l'attachement d'Anthony pour Kate qui grandit de jour en jour, chose qu'il est le seul à ne pas remarquer. Maman Bridgerton est moins présente dans ce volume, au privilège de Mary, la mère adoptive de Kate (et véritable mère d'Edwina), autant dire un rêve de belle-mère, qui a su aimer la fille de son époux comme la sienne propre, faisant de Kate une femme courageuse, aimante et accompie, qui loin de déparer, enrichira encore cette famille Bridgerton à laquelle elle va venir s'ajouter.

Bref, une petite lecture charmante, qui me donne envie de continuer dans ma découverte des frères et soeurs Bridgerton.

Julia Quinn, The Viscount who loved me, Avon Books, 2000, 352 p.