brickLaneNazneen est une adolescente de la campagne du Bangladesh. Son père décide de la marier à un compatriote bien plus âgé, qui habite à Londres depuis plusieurs années mais qui souhaite épouser une fille du pays. Elle arrive donc à Londres au milieu des années 80 et va s'installer petit à petit dans une vie relativement fermée. Elle a à peine le droit de sortir de chez elle, et son mari (qui est pourtant un bon mari et un homme éduqué) ne voit absolument pas l'intérêt de lui faire apprendre l'anglais. Pendant plusieurs années, Nazneen se consacre donc à sa maison, à son mari et à ses enfants, jusqu'au jour où elle rencontre un homme plus jeune, Karim, et ils tombent amoureux l'un de l'autre. Elle va alors s'interroger sur les certitudes qu'on lui a inculquées depuis toute petite, sur la toute-puissance du destin ou sur la possibilité d'exercer sa volonté pour prendre sa propre vie en main.

En vis-à-vis de la vie de Nazneen, celle de sa soeur Hasina nous est contée à travers ses lettres. Contrairement à Nazneen, Hasina est celle qui a pris sa vie en main avant même qu'on veuille la lui imposer, s'enfuyant de la maison pour faire un mariage d'amour. Loin d'être un long fleuve tranquille, sa vie connaîtra de grands changements, des moments de déchéance et d'autres de bonne fortune et de stabilité.

Hélas, chers lecteurs, ce livre qui s'annonçait si prometteur m'a ennuyée à mourir. Plusieurs fois je me suis demandée si je ne ferais pas mieux d'en abandonner la lecture, et puis non, je me suis accrochée jusqu'au bout. Parce qu'il n'est pas inintéressant, au fond. Il suit pendant une vingtaine d'années l'évolution de la famille de Nazneen et, à travers elle, celle de la communauté bangladeshi (le mot est infâme, mais il existe, j'ai vérifié) à Londres à la toute fin du vingtième siècle: les espoirs, les déceptions, la ghettoïsation et l'émergence des gangs, la drogue, la montée des courants islamiques, mais aussi la prise de liberté de certaines de ces femmes, qui à leur arrivée n'avaient parfois même pas le droit de sortir de chez elles. On pourrait faire plein d'analyses hyper intéressantes sur ce livre, mais ce sera sans moi.

Personnellement, j'ai trouvé que le livre manquait totalement de rythme, et que même, parfois, on se perd dans les dates. Les lettres de Hasina ajoutent grandement à la confusion parfois. C'est un personnage important, bien qu'éloigné, car elle représente exactement l'opposé de Nazneen, le choix face au destin, et qu'elle est donc source de beaucoup de réflexion pour Nazneen. C'est celle qui ne se soumettra jamais, mais est-ce que justement n'est-ce pas cela son destin, celui de croire toujours qu'elle peut prétendre à l'amour et qu'elle doit le rechercher?

Les relations de Nazneen avec son époux Chanu sont lourdes de description et passablement déprimantes. Contrairement à sa soeur, Nazneen est soumission, c'est la parfaite "épouse du pays" comme Chanu en rêvait, dont la place dans la maisonnée est à la hauteur des coups de pieds que lui donne sa fille aînée. Peu à peu cependant, ses réflexions vont l'amener à avoir des doutes, les doutes à faire des choix. Si ce livre vaut la peine d'être lu c'est bien pour sa fin, car Nazneen finit par prendre sa vie en main.

Les autres personnages ne sont pas particulièrement attachants, même s'ils sont plutôt bien campés. Mrs Islam est absolument repoussante et Razia, l'amie de Nazneen, force le respect par sa grande volonté. Chanu, le mari de Nazneen n'est même pas un vrai anti-héros, dans le sens où je ne me suis jamais attachée à lui, quant à Karim, ça aurait bien pu être lui ou un autre...

Bref, ce livre est resté relativement hermétique pour moi. Je remercie cependant Mirontaine, qui me l'avait offert dans le cadre du London Swap il y a déjà quelques années. J'ai appris qu'il en a été fait un film, en 2008. Je vous le dis au cas où cela vous tenterait de le découvrir.

Monica Ali, Brick Lane, Scribner, 2003, 541 p.

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Lu dans le cadre du mois anglais (encore en avance)