WivesanddaughtersVoici donc le jour du début officiel du Mois Anglais, organisé par Lou, Cryssilda et Titine. Et rien de moins qu'Elisabeth Gaskell pour ouvrir le bal des lectures communes. Après mon coup de foudre pour Nord et Sud il y a plus d'un an et demi et profitant de l'énorme offre en classiques anglais qu'on pouvait trouver à Hong Kong, je me suis laissée tenter par un deuxième roman d'Elisabeth Gaskell, Wives and Daughters, que j'ai lu peu de temps après. Quelle meilleure occasion que maintenant pour pouvoir, enfin, en écrire un billet de lecture (sur lequel il vous est permis d'être très indulgents, chers lecteurs, vu qu'il aura été écrit plus d'un an après).

Molly Gibson a été élevée par son père, le médecin du village, depuis le décès de sa mère, bien des années plus tôt. Elle apprécie sa vie simple et la relation de complicité qu'elle entretient avec son père, qui le lui rend bien. Cependant, craignant qu'une vie auprès d'un homme veuf et de ses apprentis ne soit plus convenable pour Molly, maintenant jeune fille, M. Gibson décide de se remarier. La tristesse de Molly en apprenant la nouvelle est augmentée lorsqu'elle découvre l'idendité de sa belle-mère (femme ambitieuse et manipulatrice) et qu'elle rencontre sa fille, Cynthia, dont elle va devenir bien malgré elle la confidente et en quelque sorte, l'entremetteuse auprès du jeune homme dont Molly est elle-même amoureuse.

Ce roman est encore une fois d'une grande finesse. Gaskell nous offre une vue très précise de la vie et des relations sociales dans la campagne anglaise de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Les rivalités politiques et de position sont bien présentes à une époque où la noblesse commence à se faire dépasser par la bourgeoisie d'entreprise, voire par les immenses bonds que fait la communauté scientifique à l'époque. Sans être en crise, certaines valeurs seront peu à peu revues, ce qui est parfaitement visible tout au long de l'intrigue. Au début, par exemple, lorsque le docteur Gibson engage une institutrice pour Molly, alors qu'elle n'est encore qu'une fillette, il est presque réticent au fait que sa fille apprenne à lire et à écrire (et ne se prive pas de le dire, lui, un homme de science), et ne verra ses opinions changer que très lentement et ce par la soif d'apprendre de sa fille. D'autre part, on trouve le personnage de Roger Hamley, deuxième fils du châtelain local, peu distingué socialement, mais possédant largement bonté, moralité et sagesse. Scientifique respecté, en plus, malgré son jeune âge. Molly fondera avec Roger une relation fraternelle, faite de complicité et de sincérité, qui sera mise rudement à l'épreuve par la peine que lui causent les fiançailles de ce dernier avec sa belle-soeur, la jolie et ambitieuse Cynthia.

Les descriptions d'Elisabeth Gaskell, bien que très étendues, ne sont jamais lassantes. Elle a vraiment bien su cerner le caractère de ses personnages, la beauté des lieux, les enjeux sociaux de l'époque, nous régalant d'une dernière oeuvre bien documentée et passionnante, qui est malheureusement restée inachevée, bien le lecteur puisse entrevoir (ou du moins imaginer) ce qu'aurait pu être la fin.

Un très bon moment de lecture, chers lecteurs, que je ne saurais que trop vous conseiller. Je vais d'ailleurs de ce pas me rendre chez les filles qui ont fait d'autres billets sur cette auteure, pour voir quels titres seraient susceptibles de me tenter.

Elisabeth Gaskell, Wives and Daughters, Penguin books, 2003 pour cette édition, 652 p.

 

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Septième billet pour le mois anglais. Ça avance, ça avance...