From China with love

Nos nouvelles aventures à Taishan

09 avril 2008

Histoires de métiers...

Le mois de mars est évidement passé depuis bien longtemps et je me réveille seulement. Mais j'avais dit à Vanessa que le sujet des métiers me donnait bien des idées et il n'est pas question que je ne tienne pas mes promesses.

Permettez-moi d'abord de vous présenter cette petite vidéo. L'action se passe à Pasto, en Colombie, pas très loin de l'Equateur. Car en fait, les helados de paila sont une spécialité du nord de l'Equateur; un sorbet très léger et à peine pailleté, fondant en bouche et 1000% nature. En effet, pour les sorbets aux fruits, rien que du pur jus, des blancs d'oeufs et du sucre. Et pour le sorbet "au lait", du lait, des jaunes, du sucre et de la vanille. Rien que d'y penser, c'est toute mon enfance qui défile, et forcément, la nostalgie qui pointe le bout de son nez. Depuis ma belle Quito, où on les dégustait sur les terrasses des cafés, où lorsqu'on partait en vadrouille (ce qui m'est très peu arrivé, après tout) vers les villes plus au nord, Ibarra, Cotacachi, Cayambe... Mais je vous laisse regarder:

La cuisinière raconte:

"Mon ascendance est Equatorienne. En 1918, on invita mon grand-père pour préparer les sorbets pour le repas, à l'occasion de l'investiture de l'évêque (...), puis encore pour la prise de pouvoir du gouverneur (...). Il remarqua que cette spécialité ne se faisait pas ici et démarra son commerce. Puis, ma mère rencontra mon père, ils se marièrent, et s'établirent en Colombie. Mon grand-père m'apprit à préparer les sorbets et je continuai l'affaire. Lui est déjà décédé et moi je perpétue la tradition."

" La base (pour le sorbet vanille) est une crème anglaise, c'est une coïncidence. Mon grand-père nous racontait qu'en Angleterre, (un cuisinier royal) rata un dessert. Il était très angoissé à l'idée de devoir servir son dessert au roi, d'autant qu'il n'avait pas le moyen d'arranger sa méprise. Or c'était l'hiver et il gelait. Le cuisinier sortit donc à l'extérieur, creusa un trou dans le gel et y déposa son récipient avec son dessert râté. Il s'aperçut que peu à peu, son dessert épaississait; il se mit alors à le gratter et à le tourner, et il en résulta le meilleur dessert jamais dégusté à une table royale."

Alors bonne dégustation (hélas, qu'en images....). Et un petit secret pour la route. Ma glace préférée? Un combi mûre - lait, c'est aussi la plus classique.

07 janvier 2008

Rêves d'enfant ou l'hiver enneigé

C'est encore Vanessa qui va être contente, car je rends ma copie avec beaucoup de retard, en appelant à son indulgence ...

Une petite musique pour accompagner mon récit en douceur... n'hésitez pas!

De toute mon enfance, jamais je n'ai vu un flocon de neige. Bien que vivant à très haute altitude, j'ai toujours connu un climat sec et plutôt tempéré, où le Soleil et la Lune se partagent le ciel à parts égales. Où il n'est pas rare, vers sept ou huit heures du soir, de voir surgir derrière les collines en face de la baie vitrée du salon, une immense Lune d'un jaune brillant, ronde et énorme que l'on peut presque enserrer dans ses bras tellement on la sent proche (mais alors, il faut les avoir grand ouverts).

A la saison humide et froide (celle que nous appelons couramment l'hiver, bien que nous ne connaissions pas les quatre saisons), le brouillard de toute la vallée vient se promener devant notre fenêtre, et dans notre appartement à flanc de colline, nous n'apercevons que le sommet de la colline d'en face, celle-là même d'où s'échappe la Lune. C'est un décor assez surprenant, où l'on se sent flotter sur un nuage, bien que non dépourvus de gravité: fantastique, dirons nous.

Le plus froid que l'on connaisse, dans ma ville, ce sont des chutes de grêle: terribles de violence et longues, longues. Il en tombe tant quelquefois, qu'elle reste plusieurs jours dans les jardins, et à l'occasion des chutes les plus mémorables, j'ai vu des dames sortir leur poêle en cuivre sur le lit de grêlons dans leur jardin, pour fabriquer les glaces traditionnelles du nord de mon pays: les "helados de paila", dont j'aurai l'occasion de vous parler dans un prochain billet.

La neige elle-même, nous ne la connaissons que de loin, bien qu'omniprésente dans notre quotidien, toujours à portée des yeux. Parce que pour l'atteindre, il faut monter bien au-delà des 4000 mètres d'altitude, par des chemins pas toujours carossables. Je ne suis pas issue d'une famille de grands marcheurs, et donc je n'ai jamais eu l'occasion de m'approcher de ces merveilleux massifs enneigés. Alors je me contentais de les contempler depuis la vallée, ou depuis ma ville perchée sur sa montagne.

Coto_postal     Coto_wiki

Vues du volcan Cotopaxi: à gauche, photo de l'entreprise des courriers d'Equateur, à droite, wikipédia: cliquez pour en savoir plus ou voir plus grand.

Au-delà d'une certaine altitude, d'ailleurs, sans avoir encore atteint la neige, on chemine sur des paysages d'une beauté sauvage et dépouillée, où poussent peu d'espèces, celles qui tiennent vraiment à la vie, où la terre, bientôt nue, est recouverte de cendre volcanique, et où le vent souffle violemment, accroissant ce sentiment de désolation, une beauté rageuse et déchaînée.

Coto1  Coto2  Coto3

Cotopaxi, Equateur, juillet 2004. Cliquez pour voir plus grand.

On continue en musique...

Alors pourquoi rêver de la neige, me direz-vous? Et bien si pourtant. Plusieurs raisons me viennent à l'esprit, beaucoup plus prosaïques que tout ce que j'ai raconté jusqu'ici (enfin, jusqu'à un certain point).

L'herbe est toujours plus verte ailleurs... Une petite partie de ma famille est partie près des Alpes italiennes. A l'occasion de visites, mes grands parents ont rapporté des peintures de superbes montagnes enneigées, qui ornent depuis plusieurs salons dont celui de maman. Une neige différente, plus proche, plus réaliste, plus sombre quelquefois. Nos peintres ne peignent pas la neige de cette façon, c'est plus une neige lointaine, comme décorative, presque toujours blanche et immobile. Quelquefois même, une neige de décor d'opérette (sans vouloir médire d'ailleurs sur la qualité du tableau), qui ne reflette en rien cette beauté sauvage dont je parlais plus haut.

L'influence de l'Oncle Sam... eh oui, comme dans tout le sous-continent américain. Il est arrivé avec ses traditions, dont certaines ont su s'ancrer avec force. C'est ainsi que plusieurs siècles après l'évangélisation espagnole, nous accueillions à bras ouverts le bonhomme barbu vêtu de rouge, et l'image des Noëls enneigés. Ah, la féerie de Noël, et comme maman la rendait si bien. Pour tout vous dire (et cet aveu mérite bien de figurer en haut du billet sur ma midinettitude), THE guirlande lumineuse de mon enfance, celle qu'il n'était pas question de laisser de côté, était faite de loupiottes en forme de bonhommes de neige givrés.

Et puis, Maijo grandissant... les amis partent, les cartes postales arrivent, on se cultive un petit peu, on aime regarder les livres de belles photos... La neige prend de plus en plus de visages, on la voit sous des perspectives différentes, mais toujours de loin.

Maijo grandissant encore... rencontre un charmant jeune homme. Nous ne sommes que des adolescents, et nous ne le savons pas encore, mais c'est avec lui que je ferai ma vie plus tard. Pour l'instant, nous nous quittons et il est loin, il est parti pour son pays à l'hiver enneigé.

C'est cet amour qui m'a amené sur cette autre terre que j'ai appris à aimer. Tout d'abord par amour pour lui. Car c'est dur de quitter la terre qui nous a vus grandir et que l'on aime. De quitter son équilibre douillet pour le déséquilibre des quatre saisons, pour la pluie et la grisaille du premier automne, dont on n'arrive même pas à profiter des couleurs, pour ces nuits qui s'allongent, les volets clos, pour se protéger du froid, mais qui cachent la lumière et donc pour moi, la vie.

Et puis un jour, il est là, le premier flocon de neige que l'on aperçoit pour de vrai. Mais je suis si loin de mon rêve d'enfant... La Capitale n'est pas l'endroit idéal pour voir tomber la neige, les grandes villes sur ces latitudes sont encore souvent peu habituées à ces intempéries. J'ai de cette occasion le souvenir d'une sortie de cours chaotique et mémorable, où le danger des glissades le disputait à celui de se faire écraser par chaque voiture, à la trajectoire incertaine et dérapante: une belle pagaille je vous dis.

Ce premier hiver, froid et sombre, ne fut cependant pas suffisant pour entamer mon rêve, celui de voir tomber la neige, celui du silence feutré et de la blancheur lumineuse, mais cela ne vint que plusieurs années plus tard... Et ne fait plus partie de mon rêve, puisque celui-ci s'est réalisé, bien au-delà même de mes espérances...

Une petite dernière... pour les photos...

chuteneige

hiverimaginaire1  hiverimaginaire2  hiverimaginaire3

Cliquez, pour les voir en grand...

04 décembre 2007

Babayaga ou ma cabane

Je m'en veux! Eh oui, car j'ai laissé passer TOUT le mois de novembre en pensant ne pas avoir de matériel pour participer au défi de Vanessa, Passeurs d'imaginaires, sur les cabanes. Et puis le dernier jour, sur un de ses billets, cela me sauta aux yeux comme une évidence.

Bien sûr une cabane ayant hanté mon imagination, comme celle de tant d'enfants au monde entier. Une cabane qui repose sur des pattes de poulet, ce qui lui donne l'inquiétante faculté de pouvoir tourner sur elle-même. Une cabane de sorcière, au même titre que celle de la sorcière de Hansel et Gretel, sauf que là, il n'y a même pas de bonbons pour attirer les enfants naifs et perdus.

J'ai nommé, la cabane de Babayaga

babayaga     babayaga2

Source: russie virtuelle

babayaga1

Vue par Rébecca Dautremer, je vous en parlais ici.

Posté par maijo à 14:40 - Passeurs d'imaginaires - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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