22 octobre 2008
Un amour de plumes et d'eau
Cela faisait si longtemps que je le regardais, qu'il me tentait... Et puis samedi, hop! Marara est venu rejoindre ma so déraisonnable pile stéphanoise.
Et c'est une magnifique histoire que j'ai découverte! Un conte poétique sur le métissage, l'ouverture à l'autre et l'acceptation de sa différence: l'amour a priori impossible entre un oiseau et un poisson.
Poeata et Manuiti, veulent chacun s'adapter et se couler dans l'univers de l'autre. Mais il est des transformations qui ne se font pas. Confuse, Poeata entreprend de rendre visite à la seule autre créature née de l'amour de deux êtres différents. Bravant les préjugés, elle découvre Meherio la sage, qui la réconforte et lui redonne espoir... Et c'est finalement de ce profond amour entre Poeata et Manuiti que naît un jour Marara, le petit poisson volant, une créature nouvelle et plus riche.
Dit comme ça, ça ne rend pas honneur à l'histoire (je ne suis pas moi même satisfaite de mon résumé, c'est dire), mais il faut y mettre le goût de Roxane pour raconter des histoires, surtout le genre d'histoire qui parle d'origine, de commencement, du métissage et de ses difficultés. Il faut aussi imaginer sa plume pleine de poésie, qui sait si bien nous émouvoir, nous faire voyager, nous faire sentir tour à tour poisson, oiseau, sirène...
Et puis il ne faut pas oublier les illustrations de Sandrine Lhomme, dans ces magnifiques tons de vert, pleines de textures différentes, des nuances d'une même couleur que seules viennent altérer quelques touches de rouge et d'orange lumineux, comme pour nous signifier cet espoir qu'est Marara, fruit de l'union de deux différences.
Un extrait:
Ne cherche pas à être l'un ou l'autre. Accepte d'être différent. Tu es Marara, un nouvel être, une nouvelle histoire qui commence et peut s'appuyer sur deux cultures pour créer la tienne.
Ce livre est pour moi un véritable coup de coeur, que je vous recommande vivement.
Roxane Marie Galliez, Sandrine Lhomme (ill.), Marara, un amour de plumes et d'eau, Balivernes.
PS: Sur le site de Roxane Marie Galliez, vous pouvez l'écouter lire certaines de ses très belles histoires.
11 juillet 2008
Le temps e(s)t la vie
Depuis le temps que je l'ai... et je ne vous en ai jamais parlé!
Imaginez un endroit où le temps n'existerait pas: pas de changement, pas de vieillesse, pas de nuit ni d'étoiles... La vie s'écoule paisible, sans que rien ne vienne la déranger. Mais le roi de ce paradis est de plus en plus insatisfait, car cette portion d'éternité ne le comble pas.
Le perfide chambellan, qui convoite la place du roi, se rend alors chez un sage ermite et en rapporte quatre sacs: au roi de choisir lequel ouvrir en premier... C'est ainsi que les habitants du royaume découvrent la promesse du printemps, les parfums de l'été, le repos de l'automne. Or une fois que le roi a vieilli, il ouvre le quatrième sac: que l'y attend-il? Et qu'en sera-t-il des desseins du conseiller cupide?
Un album très poétique sur le cycle de la vie, sur ce que le temps représente pour les hommes. Les illustrations de Selma Mandine sont vraiment superbes, dans les tons de vert et de rose, et apportent une touche de rêve et de magie à l'histoire. Elle parvient à rendre ses illustrations presque palpables, c'est comme si on y était.
C'est par cet album que j'ai connu l'oeuvre de Régine Joséphine, et j'en suis encore sous le charme. A tel point que je l'ai même lu aux enfants de l'atelier de lecture (6-7 ans) en toute fin d'année. Il fallait les voir, si sages, absorbés par l'histoire, un petit chuchotement de temps à autre "ce sont les saisons". Ils ont posé plein de questions, demandé à revoir les images, reparlé du temps, de pourquoi le roi désirait le temps. Merci Régine pour ces moments de paix, de rêve et de réflexion.
03 juillet 2008
Aujourd'hui...
... c'est la fête de la lecture avec les GS!!!
Pour l'occasion, je leur montrerai ce superbe album (je ne remercierai jamais assez Gawou pour me l'avoir fait découvrir).
Mélanie Watt essaye d'écrire et d'illustrer un album, mais c'est sans compter avec son chat Chester, boule de poils à l'ego démesuré, qui ne cesse d'intervenir pour tout râturer (au gros feutre rouge, s'il vous plaît) et (re)faire une histoire à sa sauce. Quel gosse, ce Chester, il va jusqu'à refaire le portrait de l'auteure! A sa décharge, elle n'est pas toujours sympa avec lui non plus...
Bref, un vrai régal. Depuis qu'on l'a à la maison, mes trois garçons la demandent tout le temps et les rires fusent même si les blagues sont déjà ultra-connues. Ils guettent les pages les plus drôles comme on attend un bonbon...
Chester, Mélanie Watt, Bayard Jeunesse.
18 juin 2008
Le manteau rouge
Au pays de la garance, le moment de la récolte est arrivé. Le village accueille à bras ouverts des étrangers dont la peau a le teint jaune de la garance en fleur. Ils descendent du nord, là où il fait si froid, qu'il n'y a même pas de bois pour construire leurs maisons; alors, ils construisent des cabanes de glace.
Après le premier été, ils sont conviés à revenir l'hiver, pour aider à préparer et faire les teintures. Lorsqu'ils reviennent, ils apportent des cadeaux pour les enfants des familles qui les accueillent. Ce premier hiver, ils sont si fascinés par ce rouge intense, qu'ils en teignent même leur manteau de peau.
Depuis cette première fois, tous les ans les enfants attendent les hommes du nord, dont le manteau rouge apparaît avec la première neige. Cela aurait pu continuer longtemps comme ça, mais petit à petit, la garance se vend de moins en moins bien, le village s'appauvrit et ne peut plus accueillir les étrangers au manteau rouge. Les enfants sont bien désolés, et pour la première fois, le début de l'hiver n'est pas joyeux.
Mais Akupaï, le chef des étrangers n'a pas oublié...
Cet album est très émouvant. L'accueil, le partage et la générosité sont traités simplement mais avec une grande justesse de ton. Le narrateur se souvient des débuts d'une tradition qu'il perpétue maintenant lui-même, et il nous raconte, comme si nous étions auprès de lui, au coin du feu. Les dessins aussi sont simples, mais très expressifs; beaucoup de jaunes et de bruns, et ce rouge dominant, si beau, si lumineux. A découvrir en famille.
Le manteau rouge, Philippe Lechermeier, ill. Elodie Nouhen, Gautier-Languereau.
04 juin 2008
Le murmure des Dieux
Roxane Marie Galliez et Cathy Delanssay nous invitent à faire un voyage dans les panthéons du monde entier. Voyage dans le temps et voyage dans l'espace, à la rencontre de la mythologie.
Voyage imagé et poétique, tantôt sous forme de prière, tantôt sous forme d'histoire. Chaque personnage laisse une grande part au rêve et à l'imagination. On y retrouve le roi Arthur, les Walkiries, Héraklès, Huitzilopochtli et la fondation de Tenochtitlan (Mexico), Thor, Maui...
Les illustrations de Cathy Delanssay sont vraiment très belles et nous transportent sans mal dans les univers évoqués par l'auteure(même si parfois, j'y ai été moins sensible que pour Donne-moi la lune). Un livre pour faire rêver enfants et adultes.
Je me suis régalée avec ce livre, surtout en le lisant à haute voix à mes grands enfants. Les atmosphères sont très changeantes et le travail vocal et l'intonation en font un excellent complément. Petitloulou n'a pas décroché du début à la fin, et il en redemandait.
Un véritable coup de coeur. L'avis de Karine.
10 avril 2008
Cache-lune
Ce fut l'autre idée qui me vint spontanément à l'esprit lorsque Vanessa proposa les métiers imaginaires. Dès que je mis la main sur cet album, je fus conquise par le merveilleux métier de Zamoléon (la classe, en plus, ce prénom). Tous les soirs, il étend un drap sur la Lune, n'en dévoilant qu'un morceau et assurant ainsi le rythme de toutes choses sur Terre. C'est un métier fatigant; d'ailleurs à plus de 300 ans et avec un seul jour de repos par mois (espérons qu'il n'y aura pas de ministre pour en faire un cas d'école chez nous, gloups), le pauvre Zamoléon est éreinté et a grand besoin qu'on vienne le remplacer.
Mais c'est aussi un merveilleux métier, et Timoléon ne s'y trompe pas lorsque, seul élève de son école, il décroche le précieux métier de cache-lune.
C'est là que les ennuis commencent, car il n'a que vingt-quatre heures pour remplacer Zamoléon et l'unique pilule qui rend léger comme l'air est tombée de sa poche... Que va-t-il se passer, la lune ne dévoilera-t-elle plus ses croissants?
Je vous laisse découvrir ce très bel album d'Eric Puybaret pour avoir le fin mot de l'histoire...
08 avril 2008
A la fête du livre
Samedi dernier, nous étions en famille à la fête du livre de jeunesse de Villeurbanne.
Ce fut l'occasion de craquer pour le magnifique album Ma maison bleue, d'Alain Serres et Edmée Cannard, puisque la très talentueuse illustratrice était présente. Quel régal ce fut pour les enfants de la voir au travail (pour moi aussi, je l'avoue volontiers!). Ils sont repartis avec deux magnifiques girafes et des étoiles plein les yeux...
Ce livre est un voyage magnifique, un aller retour de l'infini extérieur (le monde, la galaxie, etc.) vers l'infini intérieur. Pourquoi aller-retour, me direz-vous alors? Car au-dedans de son coeur, le petit enfant retrouve ce monde avec toute sa beauté, sa fragilité et la part de rêve en plus. Et malheur à celui qui le souille. Un album qui permet plein d'approches différentes. A découvrir absolument.
J'ai aussi craqué pour un petit livre de poésie de la collection Petits Géants du monde, qu'Edmée a eu la gentillesse de dédicacer à Petitou (cliquez pour voir plus grand):
Nous avons aussi fait connaissance avec le jeune Jean-Baptiste Cabaud, qui a publié son premier album en octobre dernier, Le petit inconnu au ballon. Au cours de la guerre de 14-18, un petit garçon surgit inopinément sur le champ de bataille. Il poursuit son trésor, échappé de ses mains, un ballon rouge. Pendant quelques minutes, la folie meurtrière est arrêtée, le temps que le petit garçon réalise son geste et s'enfuie, paniqué par son propre geste. J'ai beaucoup apprécié le ton du récit, sur le mode du conteur qui s'adresse à un petit enfant (même si le livre lui-même n'est pas forcément à la portée des petits). Un très beau moment de lecture.
Et puis, à notre grande joie, nous avons rencontré Philippe Lechermeier et Eric Puybaret pour la dédicace de Graines de cabanes, que Nounours avait reçu à Noël et qui fait partie maintenant de ses incontournables.
Personnellement, je suis aussi une grande admiratrice d'Eric Puybaret, j'aime énormément son travail. Mes fils connaissent un certain nombre de ses livres, aussi Loulou était bien content de lui rapporter ses Echasses Rouges pour encore une petite dédicace!
Et, bien entendu, nous avons fini notre fête des livres par la visite de la médiathèque, où étaient exposés les originaux des fameuses Cabanes. Absolument impressionnant!
17 janvier 2008
Aujourd'hui à la lecture...
...on avait le droit de se moquer du loup (et de l'ogre au passage, ça fait du bien aussi)!!!
Je leur ai présenté le loup prétentieux de Mario Ramos, dans C'est moi le plus fort et C'est moi le plus beau. Un loup, très sûr de lui, part faire une promenade dans le but de s'assurer que c'est bien lui le plus fort du bois. Bien évidemment, ses interlocuteurs sont fort enclins à l'admettre, et lui adressent quelques louanges tremblottantes. C'est sans compter sur la minuscule chose verte, qui arpente les bois sans se douter du danger, et pour cause!
Visiblement guéri de sa première mésaventure, le loup met son plus bel habit et part se promener pour se faire admirer. Quand il rencontre le petit dragon toutefois, il reste sur ses gardes. Mais sa maman n'est pas dans le secteur, alors il se décide à le questionner. Sauf que le petit dragon a grandi depuis, et il n'a plus besoin de maman pour le défendre...
L'ogre, le loup, la petite fille et le gâteau (Philippe Corentin), est une histoire très savoureuse: en revenant de la chasse, un ogre ramène un loup, une petite fille et un gâteau pour son repas. Mais il doit traverser la rivière et ne peut mettre qu'un passager dans son bateau. Comment va-t-il faire pour éviter que ses prises ne se mangent entre elles? Lorsque finalement il croit arriver à la solution... c'est trop bête!!!
Loup, loup y es-tu? (Mario Ramos) est une drôle de jolie farce, pour s'amuser à jouer avec les voix et qui entraîne les enfants à chanter avec les personnages. On est dans les bois, et ce sont les petits cochons qui jouent: "Promenons-nous dans les bois..." Le loup en prend pour son grade, même s'il reste le grand absent de l'histoire.
18 décembre 2007
Emue...
... ce matin, en feuilletant ce livre chez mon libraire. J'étais curieuse, car je l'avais vu un peu partout et je me demandais à quoi il pouvait bien ressembler. Je suis tombée sur cette très belle poésie de Carl Norac, superbement illustrée par Eric Puybaret.
Quelle tendresse, que de souvenirs évoqués par l'auteur. Et que dire des illustrations d'Eric Puybaret. Les illustrations de Graines de cabanes, c'est de lui, tout comme Les échasses rouges, Cache-lune et Chut, le roi pourrait t'entendre (texte et illustrations).
Du coup, hop!, dans la hotte du Père Noël pour trois petits loulous lyonnais.
Carl Norac et Eric Puybaret, in Le grand livre des doudous, Gautier-languereau, 15€. (Un clic et ça devient plus grand)
03 décembre 2007
Avent d'amitié...
"Le soir de Noël, comme chaque année, le roi Gontran vint apporter à son âne des morceaux de pommes et une poignée de carottes. Mais, parvenu à trois pas de la maison de Canaillou, il s'arrêta net.

Que voyait-il là? Son âne était tranquillement couché près du loup! Le roi resta silencieux quelques instants. Puis, al mine réjouie, il dit à un garde: 'Allez chercher un morceau de viande crue! C'est Noël, et Canaillou a un nouvel ami!'"

Le Noël de Canaillou, dans Les Belles Histoires (Bayard presse), décembre 2003. Une histoire écrite par Willy Boulnois et illustrée par Nathalie Novi.














