21 avril 2009
C'est encore une histoire de vampires...
Il est des livres dans lesquels on s'embarque sans trop savoir à quoi s'attendre. Tel était ce Riverdream, attrapé au hasard sur l'étagère des nouvelles sorties poche de l'été 2008, après avoir lu les commentaires plus que flatteurs sur l'auteur du Trône de Fer. Je ne vais donc pas vous parler d'une lecture récente (en fait, elle remonte à l'été en question), mais qu'importe, il est des romans qui ne s'oublient pas facilement, tellement ils laissent une trace précise et profonde.
Commençons par le début, donc. En l'an 1857, le capitaine Abner Marsh est aux abois. La quasi-totalité de sa flotte vient d'être détruite au cours de l'hiver et il ne lui reste en tout qu'un seul bateau, pas très rapide. C'est donc avec étonnement qu'il reçoit une proposition de Joshua York, très bel homme aux yeux d'un gris profond et aux coffres remplis d'or. Monsieur York veut faire construire le plus beau des bateaux qui aient jamais navigué sur le Mississippi, mais à une condition, il veut en être le capitaine, libre de mener le bateau à sa guise et de se comporter comme bon lui semblera.
Pas très convaincu au début par tout ce mystère, Marsh n'est pas de taille à laisser filer le rêve d'une vie et accepte le marché. Mais à peine le Rêve de Fevre commence à silloner le fleuve, Abner Marsh entrevoit une route de sang dans son sillage...
Riverdream est d'abord un roman d'ambiance magnifiquement bien réussi! La plume de George RR Martin a cette force d'envelopper son lecteur et de le transporter dans le récit. On vit au rythme du fleuve et de ses bateaux, des plantations, des tensions. Un univers profondément masculin et très complexe, où l'on se glisse sans déplaisir, au contraire. Et au-dessus des heures moites du fleuve, plane cette noirceur profonde, cette trace sanglante et cruelle laissée par Damon Julian et son clan.
Mais pas que... Les personnages aussi font la force du roman. Le Capitaine Marsh tout d'abord, quoique long à la détente, fait preuve d'un courage et d'une loyauté qui forcent l'admiration. Tout ça par attachement à un bateau... et à un homme (enfin, on se comprend) qu'il trouve honnête. Joshua York, lui, incarne magnifiquement le mythe du vampire bon (à mille lieues d'un certain père vampire aux yeux dorés qui pourrait paraître un peu inconsistent si on en venait à comparer), forcé de se soumettre au Maître du Sang, bête assoiffée de sang et de pouvoir. Il n'empêche que le beau Joshua tentera le tout pour le tout afin de trouver une autre solution que celle d'asservir l'espèce humaine. Et le courage de Marsh sera un bon catalyseur. Et comment ne pas parler de Damon Julian, parfait de noirceur de de puissance, complètement dominé par sa nature, au point de nous faire osciller entre pitié et répulsion. Tels sont les héros de notre histoire, denses et entiers, et ils sont captivants, croyez-moi.
Bref, Riverdream est un roman que je ne saurais que trop vous conseiller. La plume de GRR Martin saura vous envoûter, vous berçant dans l'atmosphère fluviale du sud des Etats-Unis, le temps de quelques rebondissements qui ne vous permettront plus de décrocher.
Fashion et Karine l'ont lu également, et ont été conquises à leur tour (sorry les filles, mais déjà vous lire est un exploit ici; vous mettre en lien semble bien au-delà de mes possibilités).
George R. R. Martin, Riverdream, J'ai lu
21 février 2009
Les mystères de la vingt-cinquième heure
Jessica Day vient d'emménager à Bixby, dans l'Oklahoma: nouveau lycée, nouveaux visages, le parcours classique de la nouvelle arrivante. Mais rapidement, elle découvre que Bixby recèle un secret énorme et très dangereux. A minuit, le temps s'arrête, la vie se fige. C'est l'heure bleue, un monde fait de créatures extraordinaires et terrifiantes d'où les humains sont exclus... hormis quelques adolescents, nés exactement à minuit.
L'arrivée de Jessica lève un vent de panique parmi les créatures de la nuit, qui se jettent sur elle comme si elle était l'ennemi à abattre. Ce qui interpelle les autres midnighters, qui la trouvent des plus ordinaires, car elle semble dépourvue de pouvoir particulier. Ce don, qui terrorise les darklings, les midnighters devront le découvrir au péril de leurs vies.
C'est à Karine que je dois cette jolie découverte. J'étais très attirée par cette histoire de temps qui s'arrête et le rythme semblait assez relevé. Aussi me suis-je procuré le premier tome dans l'idée de voir ce que ça donnait. Et j'ai vraiment bien fait, croyez-moi! Scott Westerfeld crée des mondes très particuliers, tout en nous donnant l'impression que cela pourrait se passer à côté de chez vous. Cette vraisemblance, cette façon de construire les personnages qui les rend uniques tout en restant des adolescents ordinaires donne toute sa force au récit. Les rebondissements sont nombreux, il y a du suspense, bref, on ne s'ennuie pas, et les pages tournent au détriment des heures de sommeil.
Les questionnements y sont beaucoup moins profonds que dans la série d'Uglies et le récit est plus centré sur l'histoire particulière des jeunes et leurs aventures, chacun détenteur d'un talent très particulier. Les personnages sont eux-mêmes assez intéressants: un peu tendance gothiques marginaux mais réellement doués. Leurs relations sont complexes et on est loin du "un pour tous...". Mais c'est ensemble qu'ils devront affronter les défis qui vont se présenter.

Une fois le talent de Jessica découvert, à la fin du premier volume, la paix semble être revenue dans l'heure bleue. Les darklings la craignent trop pour l'affronter et elle peut enfin découvrir et profiter de ce moment particulier. Un soir, cependant, elle découvre un jeune homme, figé devant sa fenêtre, un appareil photo à la main... Alors que les midnighters croyaient évoluer dans le secret le plus absolu, voilà que leur existence est connue! En essayant de percer à jour ce mystère, ils vont découvrir des événements atroces qui ont eu lieu cinquante ans auparavant à Bixby, impliquant autant les diurnes que les midnighters... et même les darklings! Ils s'aperçoivent par la même occasion que l'un d'entre eux est en grand danger et vont devoir déjouer cette machination avec leurs seuls talents.
Ce deuxième volume est encore plus enlevé que le premier; le lecteur a à peine le temps de dire ouf!, que nous voilà déjà entourés par un mystère épais et prêts à suivre les midnighters dans leur aventure. Le fait de sortir de l'anonymat rend certes les jeunes vulnérables, mais leur permet de découvrir une alliée de taille (bien que mystérieuse), qui leur offrira une connexion avec les midnighters qui habitaient Bixby jusqu'il y a une cinquantaine d'années et qui ont, depuis, tous disparu. Westerfeld développe beaucoup le sujet des capacités des midnighters, et des relations qu'elles induisent entre eux, évoluant toujours avec une grande cohérence. Nous découvrons aussi un peu de leur passé, qui vient expliquer et compléter l'histoire, nous donnant d'autant plus de clés sur les personnages.
Enfin, et ce n'est qu'un détail (mais mon coeur de midinette ne peut y être insensible), certaines relations viennent à se développer ou à évoluer, pour le plus grand plaisir du lecteur, et l'auteur nous régale avec quelques pépites de tendresse.
La fin de ce deuxième volet est haletante, mais on sent encore ce goût de menace qui plane. Ce n'est pas fini et on a hâte d'ouvrir Blue noon.
Un autre mystère de l'heure bleue a été percé, un midnighter a été sauvé in extremis (quoique... il se comporte bien bizarrement, ces derniers temps). Les midnighters vivent sous une ère un peu différente où ils vont pouvoir développer leurs talents dans toute leur étendue. Mais voilà qu'un jour, l'heure bleue arrive soudainement, en pleine journée. Plus angoissant encore, Melissa sent que cela provoque une explosion de joie chez les darklings. Qu'est-ce que cela veut dire? Et si, soudainement, le monde basculait définitivement dans l'heure bleue?
Les midnighters ne seront pas trop de cinq pour trouver ce qui trouble le temps bleu et essayer d'éviter l'énorme bouleversement qui se prépare. Les conséquences seront douloureuses pour le groupe, qui sera amené à faire des choix parfois déchirants. Le personnage de Rex devient très intéressant, qui mène une lutte interne pour sauvegarder son humanité. Des questionnements sont enfin posés, mais ce n'est définitivement pas ce qui intéresse le plus Westerfeld (du moins, pas dans la même mesure que dans Uglies): surtout des questions relatives à la manipulation des gens, même si l'on croit agir dans leur propre intérêt.
Et comme Karine, certaines choses à la fin m'ont rendu un peu triste; décidément, Westerfeld aime bien provoquer des petits serrements de coeur chez ses lecteurs.
En conclusion, une bonne série, très enlevée, qui ne vous fera pas augmenter vos heures de sommeil et que je vous recommande vivement. Si vous voulez accéder aux billets de Karine, c'est ici, ici et ici.
Scott Westerfeld, Midnighters, t.1: L'heure secrète, Pocket jeunesse, t.2: Touching darkness et t.3: Blue noon, HarperCollins.
04 janvier 2009
"L'économie de la renommée en vaut bien une autre"
Cela faisait pas moins de 5 mois que Specials s'empoussiérait sur ma Pile à commenter... Aussi, lorsque Extras m'est parvenu, j'ai dû replonger dans mes souvenirs et mon explication risque de ne pas être très claire...
Malgré ses efforts pour échapper à la programmation, Tally est récupérée par la ville qui, une fois encore s'est servie d'elle pour tenter de venir à bout des fumants. Cette fois, elle subit une dernière opération, qui fait d'elle une redoutable Special. Elle est programmée pour défendre les intérêts de la ville, sa société. Mais comme avant, quelque chose en elle refuse de s'y soumettre totalement. Ses nouvelles performances de Special mitigées par quelques restes plus ou moins présents d'humanité sont le point de départ de nouvelles aventures qui transformeront à jamais le monde de Tally. Mais au-delà de l'action, l'auteur élargit le questionnement en nous présentant un monde différent, où le totalitarisme absolu a laissé la place à toutes les dérives de la liberté retrouvée. L'homme peut-il vivre affranchi de toute autorité sans se détruire? Voilà entre autres les problématiques vers lesquelles nous mène Scott Westerfeld dans cette aventure palpitante.
Trois ans après le déferlement d'intelligence qui conclut Specials, l'auteur nous plonge dans une nouvelle société où le règne de la beauté a laissé la place à celui de la renommée. Tous les mérites et avantages ne peuvent être acquis que si l'on est une vedette ou si l'on "claque" des histoires plus ou moins croustillantes. Aya Fuse, jeune ugly de quinze ans désespère de se faire connaître; mais lorsqu'elle trouve enfin le sujet qui va la propulser dans les cimes de la reconnaissance, elle déclenche une aventure avec moult rebondissements, dont la réapparition de la fameuse Tally Youngblood.
Ce quatrième opus n'était pas prévu dans la trilogie initiale, très fine et dont la fin est très cohérente. Il présente, donc, à mon avis, plus de faiblesses que les trois premiers volets. J'ai senti beaucoup de parallèles entre le personnage d'Aya et celui de Tally dans Uglies: le questionnement sur ce qui est bien ou pas, l'envie irrésistible d'accéder à une existence sociale, la découverte qu'il existe un monde en dehors de celui tant vanté par la société en vogue. Seulement, Aya n'est pas Tally et son petit copain est loin de valoir David ou Zane: les protagonistes perdent à la comparaison, trop évidente.
Il n'en reste pas moins qu'il nous permet de voir que le monde, même libéré est toujours prêt à dériver vers une nouvelle folie, et c'est ça le talent de l'auteur, nous poser toujours de nouvelles interrogations sur la liberté et ses excès, sur le prix à payer de sa personne pour "exister" dans la société, le malheur de ceux qui n'y arrivent pas, le bonheur de ceux qui ne veulent pas y arriver... Une suite peut-être pas aussi percutante que la trilogie d'origine, mais un bon moment de lecture tout de même.
Vous pouvez retrouver les avis de Brize, Emmyne et Fashion (que je remercie pour ce
).
Vous pouvez aussi retrouver les billets sur Uglies et Pretties.
26 septembre 2008
Quand le surnaturel s'invite au bal...
Prenez un bal (ou plutôt des bals) de fin d'année de lycée aux Etat-Unis, avec tout ce que cela implique là-bas (je sais de quoi je parle, j'en ai vécu un pareil en Equateur). Ajoutez un zeste de surnaturel, de problématiques adolescentes classiques, assombrissez un peu le portait et vous obtenez Nuits d'Enfer en Paradis.
C'est un peu facile, comme commentaire, vous me direz, mais c'est un peu ce que j'ai ressenti à la lecture de ce recueil de nouvelles, destinées à un public adolescent. Je ne peux pourtant pas dire que ce soit une question d'âge, car cette année je suis allée à la découverte de la littérature destinée à cette tranche d'âge et j'ai trouvé de très bons romans. Ce n'est pas non plus que je n'aime pas la nouvelle comme forme. Je lui reconnais volontiers beaucoup de mérites et j'en lis dès que l'occasion s'en présente. Mais cet ouvrage m'a donné une sensation d'une certaine facilité, voire d'un certain manque d'originalité.
Cinq nouvelles, donc, où le bal tourne au vinaigre car des créatures maléfiques s'en mêlent ou que des événements surnaturels se produisent. Celle qui a le plus attiré mon attention est tout de même Madison Avery et l'ange des ténèbres, de Kim Harrison: une fille meurt, mais son esprit ne l'accepte pas. Elle réussira à négocier un petit surplus, en echange de missions.
Il y a aussi l'histoire du bouquet qui exauce trois veux, mais encore faut-il les formuler clairement, car sinon, on court droit à l'horreur.
Enfin, vous l'aurez compris, je n'ai pas eu à me forcer, parce que je n'avais pas non plus des tonnes de choix dans notre petite maison de vacances, mais je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable. Je vous laisse aller voir par contre le billet de Gaëlle, beaucoup plus enthousiaste.
20 septembre 2008
Les heures
C'est à New York, en cette fin de XXè siècle.
C'est à Londres, en 1923.
C'est à Los Angeles, en 1949.
Clarissa est éditrice, Virginia, écrivain, Laura, mère au foyer.
Trois femmes, trois histoires reliées par un subtil jeu de correspendances, dont l'émouvante cohésion ne sera révélée que dans les dernières pages...
(...)
Quatrième de couverture.
Il est rare que je lise un livre après avoir regardé le film qui en a été tiré. En l'occurrence, j'avais trouvé The hours à la médiathèque alors que je furetais sans but précis, et ce fut ma prise de la journée.
J'ai été scotchée à l'écran, bluffée par l'histoire ainsi que par les prestations des actrices.
Du coup, ce livre, il me le fallait, vous comprendrez aisément. Et là encore... quel magnifique moment de lecture! Un roman d'une sensibilité rare, où l'on est entraîné dans le sillage de ces personnages si hors du commun et à la fois si humains. Les histoires des trois femmes se lient, se rejoignent, se télescopent par moments, toujours avec force, ne laissant jamais le lecteur indifférent.
Les héroïnes sont très fortes, et remarquablement bien décrites. Virginia Woolf, d'abord, qui sombre dans les méandres de sa propre intelligence, quelque part prisonnière de l'amour que lui voue son mari, inquiet et prévenant: furieusement émouvante. Elle me fait un peu penser à un oiseau dans une cage dorée, qui ne souhaite qu'une chose, vivre quel qu'en soit le prix.
Laura Brown est le personnage qui m'a le moins émue, et pourtant, elle renvoie aussi une image très forte: le décalage dévastateur entre ce qu'elle est et ce qu'elle aurait voulu devenir. Elle a pourtant tout pour être heureuse, selon les canons de sa société. Un mari extraordinaire également, héros de guerre, bel homme, attentionné... La frustration et le désespoir n'en sont que plus grands, et même l'amour de ses enfants ne parvient pas à la sauver.
Clarissa aussi vous étreint le coeur. Parfait produit de la génération de la libération des moeurs, femme libre mais nullement égocentrique. Hantée par son passé qui ne cesse de revenir dans ses pensées, tel une situation irrésolue. Portée par sa générosité.
Cette journée dans la vie des trois femmes s'étend, se laisse lire heure après heure, nous livrant tour à tour leurs contradictions, leurs sentiments, leur humanité profonde. Tout est lié par un élément central, bien sûr, qui transcende la simple addition d'histoires de vie: le roman. Mrs Dalloway, que Virginia est en train d'écrire, que Laura dévore et dont Clarissa incarne la protagoniste. Magique.
Un véritable coup de coeur que je vous recommande de lire si vous ne l'avez déjà fait.
03 septembre 2008
Baisers intenses et libérateurs
Tally a enfin rejoint Peris et Shay à New Pretty Town. Ses priorités tournent entièrement autour du paraître, même si des fois, elle sent quelque chose qui la dérange sans trop savoir quoi. Un soir, alors qu'elle assiste à une fête, un Ugly ressurgit de son passé pour déposer un colis à son intention. Elle y trouvera une lettre écrite par elle même avant l'opération et deux comprimés. Alors tous ces moments de malaise incompréhensible prennent sens et elle se souvient...
Tout commence donc par une immersion dans New Pretty Town. Les jeunes pretties évoluent de fête en fête, dans une insouciance totale qui donne un peu l'impression d'être prisonnier d'un gros nuage de coton, doux mais solide. La bande des Crims, à laquelle Tally appartient, est celle dont les membres défiaient le plus l'ordre établi du temps où ils étaient uglies. Leur chef, Zane, adolescent charismatique à l'extrême, est parvenu aux mêmes conclusions que les fumants, à savoir qu'avec l'opération ils ont perdu un peu plus que leurs traits ingrats. Pour ne pas se perdre complètement dans la belle mentalité, il a trouvé la parade: rester intense, comme si pousser son corps à l'extrême l'aidait à garder son esprit vigilant.
A ce propos, au début du roman, on fatigue vite de la répétition du mot intense, on se croirait au milieu d'un troupeau d'écervelés qui ne savent s'exprimer qu'avec un vocabulaire très limité (dont intense est le mot le plus "à la mode"). Peu à peu, cependant, on s'aperçoit que l'idée de l'intensité n'est pas la même selon qui la manie, et que derrière un concept "à la mode" se cache un secret de survie (de sauvegarde de ce que l'on est, tout au moins). C'est cette façon dont les mots prennent de la profondeur et sont détournés de leur sens premier qui marque l'évolution des personnages vers une conscience et vers la révolte.
Une nouvelle fois, Scott Westerfield pose nombre de questions intéressantes sur l'humanité, le tout au fil de nombreux rebondissements. La liberté est un point essentiel: jusqu'à quel point peut-on imposer des choses à quelqu'un pour son bien? Peut-on se servir de certains hommes comme de cobayes? (les passages sur la réserve m'ont soulevé le coeur et mon impression de Meilleur des mondes ne s'est que renforcée) La liberté des uns passe-t-elle forcément par l'extermination des autres? par l'instauration d'une vision unique du monde? Les rapports adolescents sont très justement traitées: l'amitié, la découverte de l'amour. Tally mûrit au fil des pages, elle doit vivre avec les conséquences de ses choix, même si souvent la pilule est amère. Mais elle ne manque jamais de courage, devenant par là un personnage très attachant. On la suit dans toutes ses réflexions, on l'admire souvent, on compatit à ses peines, on aurait aussi des fois envie de la secouer, de la réveiller un peu. Et il en va de même pour le personnage de Zane, sorte de héros romantique au coeur pur et plein d'idéaux, auquel on ne peut que s'attacher.
Il va sans dire que dès la dernière page refermée, je n'avais qu'une envie, ouvrir la première de Specials. Les avis de Fashion, Stéphanie et Emmyne.
27 août 2008
Vampire or not vampire?

Ce billet ne contient pas de spoilers du tome 4, par contre, il en contient un peu du 3.
A la fin du tome 3, nous laissions Bella et Edward prêts à se marier. C'était en effet la condition qu'il lui avait imposée pour accepter de se charger de la transformer en vampire.
J'avais eu une impression assez mitigée, d'ailleurs, de ce tome 3... Jacob et Bella m'avaient grandement fatiguée avec leur comportement d'ados attardés (enfin, attardés: pour certaines choses ils se voulaient adultes, et pour d'autres, ils n'étaient que les ados qu'ils pouvaient être), et je fus incapable de compatir sur leur coeur brisé: trop c'était trop. J'en gardais néanmoins un bon souvenir, Stephenie Meyer ayant approfondi dans la présentation de la famille Cullen, et des énigmatiques Jasper (je me suis beaucoup attaché à ce personnage) et Rosalie en particulier. Et puis, à côté des atermoiements de Bella et Jacob, l'intrigue était tout de même bien menée et une fois le livre en main, on avait du mal à le lâcher.
Aussi, comme beaucoup d'entre vous, je me suis plongée dedans avec la question essentielle:"vampire or not vampire?". Tout comme Karine, j'avoue m'être aussi demandé si galipettes il y aurait... Plein d'interrogations palpitantes, vous l'aurez compris. J'étais si impatiente, que je n'ai même pas pu attendre la sortie de la traduction française, et malgré mon anglais rouillé, j'ai décidé de franchir le cap. Je craignais de ne pas pouvoir suivre, ralentie que je serais par la compréhension première de la langue. Mais notre amie canadienne m'avait d'emblée rassurée et finalement, je ne regrette absolument pas, car j'ai avancé juste assez vite, tout en faisant durer mon plaisir 3 ou 4 jours, au lieu des 2 que ça m'aurait demandé en français.
Eh bien, quoi dire de ce quatrième volet? Pour moi, il clôt magistralement l'histoire. L'auteure a su faire évoluer ses personnages dans un sens très intéressant, elle a introduit des personnages hauts en couleur, elle a étayé son univers surnaturel de manière captivante. On a toutes les explications qu'on voulait, toutes les réponses qui étaient en suspens, et notre attachement pour le clan de vampires aux yeux dorés n'en est que renforcé. Par ailleurs, elle a encore trouvé une aventure captivante à raconter (ça aurait été plat, sinon, avouez), avec moults rebondissements et un changement de narrateur très à propos. En effet, l'histoire est d'abord racontée par Bella, puis c'est Jacob qui prend le relais: une vision extérieure aux Cullen, mais qui n'en est pas moins proche, qui met les événements en perspective et qui marque aussi l'évolution du loup-garou vers l'âge adulte. D'ailleurs, à l'instar de Karine, je me suis réconciliée avec Jacob, même si je reste une 100% Edward addicted. Puis, après des moments lourds de tension et d'interrogations, c'est de nouveau Bella qui prend la parole pour les derniers événements, tout aussi palpitants.
Le seul reproche que j'aurais à faire, c'est que je sentais les événements avant qu'ils arrivent, alors que d'habitude je me fais toujours surprendre par les chutes. De ce fait, les gros points de l'intrigue, je les avais tous devinés (Si, si, Karine, même les plus gros) et ça m'a gâché un tout petit peu le plaisir. Mais ce n'est vraiment rien à côté de l'énorme plaisir que j'ai éprouvé avec cette lecture. Pendant trois jours, j'étais à Forks, à l'intérieur même de l'immense maison blanche, et plus rien n'existait autour: fort heureusement les petits loups étaient chez les grands-parents à ce moment-là, je n'étais pas obligée d'assurer ailleurs...
Un excellent moment. A mon sens, les tomes 1 et 4 sont vraiment les meilleurs.
Les avis de Karine et de Fashion.
Stephenie Meyer, Breaking dawn, Little Brawn Company, 754 pages.
13 juillet 2008
Au pays de la beauté toute puissante...

Et voilà. On a beau dire, hein, qu'on va essayer de faire descendre la PAL, mais ce n'est que pour mieux tomber sur un billet de Fashion (suivi, bien entendu par celui de Stéphanie) qui m'a tout de suite fait me précipiter sur l'outil de recherche de la bibli (en même temps, c'était facile, puisque je peux faire ça de chez moi, et réserver et tout et tout). Et c'est ainsi que Uglies est arrivé entre mes mains.
Seule dans Uglyville depuis le départ de son ami Peris, Tally Youngblood est impatiente d'arriver à son seizième anniversaire. En ce jour mémorable, elle pourra subir l'opération qui fera d'elle une Pretty, aux formes et au visage parfaits.
Peu avant son anniversaire, Tally fait la connaissance de Shay. Bien que pas particulièrement jolie, cette dernière n'a aucune envie d'être transformée. Devenues très amies, Shay révèle à Tally l'existence de La Fumée, communauté où vivent les Uglies qui ont fui le système, et s'enfuit peu de jours avant leur anniversaire.
A son tour, Tally devra rejoindre La Fumée. Elle y découvrira deux choses essentielles. Tout d'abord, qu'il existe de la beauté sur terre en dehors du monde des Pretties égalitaires, et que cette beauté ne réside pas uniquement dans des traits uniformément sculptés. Mais aussi, et surtout, que le but ultime de l'opération est de rendre les Pretties malléables et que l'on ne se contente pas de leur broyer les os et de les "repulper". Elle devra alors faire un choix entre cette opération qu'elle n'a pas complètement vouée aux gémonies et la nouvelle vie qui s'offre à elle. Un dilemme entre la vie facile d'une Prettie fêtarde et insouciante mais dénuée de sentiments et la vie dure, de sacrifice que mènent ces rebelles, faite de vrais rapports humains.
Scott Westerfield nous mène dans un monde où la beauté a été élevée au rang de droit de l'homme, au nom de la paix, de la santé (ne disait-on pas que les Rouillés, à force de vénérer les canons de beauté vantés dans leur monde en venaient à éprouver un profond mal-être et des sentiments tels la jalousie, le frustration, voire même en tomber malades?) et de la préservation de l'environnement. Tout Ugly est élevé dans la conviction de sa "mocheté" et dans l'assurance que tous ses désagréments cesseront lorsqu'il aura intégré la vie légère de New Pretty Town. La conséquence attendue étant, bien entendu, que tous les Uglies appellent l'opération de tous leurs voeux.
Mais qui dit droits dit également devoirs. Les Uglies se doivent en quelque sorte de vénérer ce système et de tenter de l'atteindre à tout prix. Les déserteurs sont traités en traîtres et il existe pour cela une force redoutable dont Tally ne manquera pas de faire la connaissance: les Specials. Ce totalitarisme à l'extrême, où l'on n'hésite pas à opérer des masses entières pour s'assurer leur docilité fait froid dans le dos. En lisant ce livre, je me suis surprise plusieurs fois à penser au Meilleur des mondes et toute la révulsion que ce monde parfait m'avait inspiré.
En refermant Uglies, finalement, je n'aspire qu'à une chose: le mail de la bibli me disant que Pretties est disponible.
Amanda et Emmyne l'ont lu aussi.
17 janvier 2008
Entre le feu et la glace...
Les choses ont bien changé en quelques semaines. Edward est de retour et a fini par se rendre à l'évidence: Bella ne pourra rester auprès de lui qu'en devenant elle-même un vampire. Mais la place de Jacob dans son coeur est bien plus grande qu'elle ne veut bien l'admettre, ce dont le jeune indien compte bien profiter, au demeurant.
Par ailleurs, le danger est de plus en plus pressant. Victoria lève une armée de vampires, bien décidée à se débarasser une fois pour toutes de Bella et du clan de vampires aux étranges yeux jaunes. Sans oublier les Volturi, qui pourraient bien être tentés de leur rendre une visite, histoire de faire quelques vérifications...
Bella est partagée entre deux hommes, deux mondes absolument incompatibles et va devoir faire un choix définitif. D'un côté, Jacob, sa bonne humeur, sa camaraderie, sa chaleur, et une passion tout aussi ardente que lui, grâce à laquelle il ne s'avoue jamais vaincu. De l'autre, Edward, dont la passion n'est pas moins violente, mais est patinée de douceur, de sens de l'équité et de l'honneur, qui ne la juge pas mais est prêt à tout lui donner. Vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, le jeune Jacob m'a un peu tapé sur le système (et Bella aussi, quelquefois, on a un peu envie de la secouer, mais c'est en adulte que je parle, je me dis que je dois louper quelques "trucs").
L'intrigue est encore une fois très bien menée, car aux déboires sentimentaux de Bella, qui pourraient devenir lassants à force, s'ajoute la lutte pour la vie que le clan doit mener contre un adversaire prêt à tout pour les anéantir: Victoria. Elle sera même à l'origine d'une improbable alliance entre vampires et loups-garous, qui ne va pas dans le sens d'apaiser le coeur de notre héroïne. La dernière scène est cul-cul à souhait, n'empêche, j'ai dû la relire un certain nombre de fois depuis que j'ai posé le livre.
J'ai hâte de connaître la suite (se transformera? ne se transformera pas?). Et dire qu'il va falloir attendre encore jusqu'à l'automne prochain...
L'avis de Fashion.
Par ici, si vous tenez à lire mes billets sur Fascination et Tentation.
15 janvier 2008
"Comme si je n'avais jamais existé"...
Après vous avoir honteusement avoué que l'irrésistible Edward m'était allé droit au coeur, vous devinerez aisément, que je me suis jeté sur la suite de la saga de Stephenie Meyer, qu'elle m'a valu des couchers à des heures inavouables, qu'elle a valu des dîners de pâtes à ma petite famille (Gawou, je sais, les pâtes c'est très bien :D). Bref, que la suite de l'histoire fut bien à la hauteur de ce que j'en attendais.
A la suite d'une fête d'anniversaire qui finit en catastrophe, la famille Cullen ayant failli attaquer Bella, Edward décide que le mieux pour sa bien aimée est de refaire sa vie à l'écart des vampires. Il s'en va donc, lui jurant que plus jamais elle n'entendra parler d'eux, que ce sera comme s'ils n'avaient jamais existé.
Bella est dévastée. Pendant des mois, elle reprend sa vie mécaniquement, telle une coquille vide, jusqu'au jour où elle s'aperçoit qu'elle arrive à entendre "son" Edward lorsqu'elle est en grand danger. Dès lors, elle n'aura de cesse de rechercher le risque et l'adrénaline, aidée en cela par Jacob, son grand ami indien, qui lui redonne peu à peu goût à la vie, mais qui sera lui aussi sujet d'une transformation radicale.
Cependant, le danger guette encore. Victoria, la compagne du vampire qui avait tenté de tuer Bella un an plus tôt, crie vengeance et entend bien ravir sa compagne à Edward, "oeil pour oeil, amie pour ami". Portée par ce besoin de se sentir proche d'Edward, Bella précipitera le retour d'Alice et, de malentendu en malentendu, se verra obligée de lui prêter main forte pour empêcher son vampire de commettre un suicide.
Ce livre est fait de rencontres qui font froid dans le dos, on y rencontre cette "famille royale vampirique", les Volturi, des loups-garous, dont l'existence est liée à celle des vampires. Il est émaillée de références fort à propos à Roméo et Juliette, ce qui n'est pas pour déplaire au lecteur, je trouve.
Et puis l'amour d'Edward pour Bella, cette douceur qui le rend si séduisant et qui est toujours présente...




