10 octobre 2008
D'ombre et de sensualité...
Aujourd'hui, je vais vous parler d'une belle rencontre, une rencontre plutôt inattendue, puisque ce recueil de nouvelles est tombé dans mes mains par hasard, sans que je l'aie choisi.
Pour tout vous dire, il m'a fallu du temps pour me décider à entrer dans Notre Dame aux Ecailles. Les premières lignes que j'ai lues, dès que je l'ai eu en main, m'ont fait l'effet d'une menace. Celle d'être prise au piège de ses univers à la fois oppressants et fascinants. Aussi en toute lâcheté l'ai-je mis de côté, sans jamais cesser de sentir son appel.
Mais l'on ne peut pas fuir indéfiniment les confrontations, surtout celles qui nous attirent autant qu'elles nous effrayent.
Les univers créés par Mélanie Fazi sont à la fois beaux et glaçants, réels mais toujours prêts à basculer, d'une complexité nourrie d'attente et d'anticipation. Pleins de sensualité, pour certains: une sensualité à la fois subtile et brutale. Le besoin de libération est omniprésent dans chaque nouvelle, bien que l'oppresseur ne soit jamais le même: la ville, la mort, la mer et la loi du silence, la maladie, sa propre peau, sa peur...
Venise sert de décor à la première nouvelle, La cité travestie. Elle en est aussi le tortionnaire, poursuivant l'étranger qui a osé vendre ses secrets et qui doit maintenant en payer le prix, sans savoir si un jour elle sera satisfaite.
Langage de la peau et La danse au bord du fleuve sont deux nouvelles qui vous abasourdissent par leur sensualité. Dans la première, le mythe du loup-garou est revisité du point de vue de la dualité face au désir et à la sexualité: selon que l'on prend forme lupine ou humaine, l'assouvissement du désir, la conscience, le tabou, la part de l'humain et celle du loup. Pour un peu, on se croirait perdu dans une scène de Morsure (est-il besoin de rappeler que Mélanie Fazi en est la traductrice et ça ne m'étonnerait guère qu'elle s'en soit inspirée), sauf que là c'est encore plus chaud. Et que dire de l'histoire de la femme qui prend le fleuve comme amant, qui en modèle les gouttelettes jusqu'à en faire surgir l'homme, tel un "arbre immuable dont les racines plongeaient au coeur de la terre", empli d'une assurance tranquille et profonde mais absolue (rien que de me relire j'en ai des sueurs froides). Le lecteur est suspendu entre désir et répulsion, au diapason de l'héroïne: la tension en est presque insoutenable.
Dans cette danse de couples extraordinaires, on se laisserait presque surprendre par la normalité de Valentin et sa compagne dans Noces d'écume. Mais ce récit baigne dans l'atmosphère lourde qui pèse sur les villages de pêcheurs, avec leurs croyances et leurs non-dits. La narratrice est l'étrangère qui, pour sauver son homme du mal qui l'envahit, tente de comprendre, de percer la loi du silence qui écrase le village alors que la mer elle même leur crie son terrible secret à la figure.
Bref, j'ai vécu ces histoires, j'en ai rêvé la nuit, j'y ai pensé le jour et encore longtemps après. On aime, on est touché et on referme le livre avec regret (déjà?) quoique non sans une pointe de soulagement.
Ce livre faisait partie du lot que j'ai reçu à Books and the city.
Mélanie Fazi, Notre Dame aux écailles, Braguelonne.
26 septembre 2008
Quand le surnaturel s'invite au bal...
Prenez un bal (ou plutôt des bals) de fin d'année de lycée aux Etat-Unis, avec tout ce que cela implique là-bas (je sais de quoi je parle, j'en ai vécu un pareil en Equateur). Ajoutez un zeste de surnaturel, de problématiques adolescentes classiques, assombrissez un peu le portait et vous obtenez Nuits d'Enfer en Paradis.
C'est un peu facile, comme commentaire, vous me direz, mais c'est un peu ce que j'ai ressenti à la lecture de ce recueil de nouvelles, destinées à un public adolescent. Je ne peux pourtant pas dire que ce soit une question d'âge, car cette année je suis allée à la découverte de la littérature destinée à cette tranche d'âge et j'ai trouvé de très bons romans. Ce n'est pas non plus que je n'aime pas la nouvelle comme forme. Je lui reconnais volontiers beaucoup de mérites et j'en lis dès que l'occasion s'en présente. Mais cet ouvrage m'a donné une sensation d'une certaine facilité, voire d'un certain manque d'originalité.
Cinq nouvelles, donc, où le bal tourne au vinaigre car des créatures maléfiques s'en mêlent ou que des événements surnaturels se produisent. Celle qui a le plus attiré mon attention est tout de même Madison Avery et l'ange des ténèbres, de Kim Harrison: une fille meurt, mais son esprit ne l'accepte pas. Elle réussira à négocier un petit surplus, en echange de missions.
Il y a aussi l'histoire du bouquet qui exauce trois veux, mais encore faut-il les formuler clairement, car sinon, on court droit à l'horreur.
Enfin, vous l'aurez compris, je n'ai pas eu à me forcer, parce que je n'avais pas non plus des tonnes de choix dans notre petite maison de vacances, mais je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable. Je vous laisse aller voir par contre le billet de Gaëlle, beaucoup plus enthousiaste.
05 mai 2008
Rendez-vous manqués

Avec soi ou avec les autres, avec le temps qui passe, les personnages de Sepulveda les ratent tous. Au fil des nouvelles, on retrouve ce sentiment d'impuissance, de frustration, d'inassouvi que nous avons quasiment tous ressenti au moins une fois (et si, seulement, ...). Et pourtant, loin d'être morose, ce livre se savoure.
Par la diversité des situations d'abord. Du train de passagers qui se retrouve en panne en plein brouillard au tyranneau en attente de jugement, du café au goût d'échec au groupe de prisonniers politiques déportés dans le désert, l'auteur nous entraîne dans une multitude de tableaux, certains ordinaires, d'autres teintés de fantastique, quelques-uns empreints de la peur que suscite l'oppression.
Par son style ensuite, qui sait nous rendre les personnages si proches. On ne peut s'empêcher de s'identifier à au moins l'un d'entre eux, tout simplement parce qu'on a déjà éprouvé des sentiments similaires, de peur, de frustration, de mélancolie, de surprise, de fatalité.
Quelques extraits:
"Le pire châtiment n'est pas de se rendre sans lutter. Le pire châtiment c'est de se rendre sans avoir eu la possibilité de lutter. C'est comme de jeter l'éponge par forfait de l'adversaire et même si l'arbitre lève le bras du boxeur vainqueur au milieu des bâillements, la sensation de déroute dure jusqu'à devenir résignation." (Histoire d'amour sans paroles)
"Nous nous sommes embrassés avec force et plus je le serrais dans mes bras, plus j'avais la certitude que cette étreinte était la plus triste des séparations. Les yeux me brûlaient, j'avais la gorge sèche, et d'un coin perdu de la cordillère m'arriva l'écho de chevaux furieux et rapides, de chevaux avalés par l'haleine des glaciers, de chevaux s'éloignant à jamais de mes rêves". (A propos de quelque chose que j'ai perdu dans un train)
" Il reste peu de temps. Vous verrez que dans quelques minutes le train s'arrêtera, il en descendra les fonctionnaires avec les papiers officiels qui nous diront si vous continuez à être un héros ou si, au contraire, vous êtes récemment devenu un salaud." (Petite biographie d'un grand de ce monde)
" Tu reviens t'asseoir en sentant quelque chose comme une brique dans ta gorge. Tu veux parler. Tu veux lui dire qu'ensemble vous avez bu beaucoup de café au goût d'oubli, au goût de mépris, au goût de haine aimable et monotone. Tu veux dire que c'est la première fois que le café a ce désespérant goût d'échec. Mais tu ne réussis pas à prononcer un mot." (Café)
Un coup de coeur. Encore merci à Vanessa pour ce cerf-volant.
09 janvier 2008
Journal d'un tueur sentimental
Un petit après-midi de détente pour savourer ce petit bijou dont rien que le titre m'avait mis l'eau à la bouche. Trois petites nouvelles policières qui se lisent comme on déguste une gourmandise.
la première, Journal d'un tueur sentimental, nous peint le dernier contrat d'un tueur à gages, qui vient de se faire plaquer par sa compagne. Sa cible n'est autre qu'un trafiquant de drogues mexicain qui tente de casser le marché nord-américain en introduisant de la drogue asiatique très bon marché. Mais quand le moment arrive de coincer sa victime, l'on se rend compte que le monde n'est fait que d'embrouilles et de coïncidences. Les dialogues totalement schizo du tueur avec son reflet dans le miroir sont un délice.
" Et j'ai passé la nuit de cette mauvaise journée, sans ouvrir la bouteille magré une terrible envie de me soûler, à parler avec la photo du type que je devais tuer, parce que même cocu, un professionnel est toujours un professionnel"
Dans Hot line, un inspecteur de police se retrouve mis "au placard" suite à une intervention honnête dont la victime est un fils de général. Nous sommes au Chili d'après la dictature, et les généraux restent encore tout-puissants. Nommé à la brigade des crimes sexuels, il tombera sur une drôle d'affaire sur les lignes "chaudes". Encore une fois, tout est lié, mais ça, on ne le découvre qu'à la fin...
" - George Washington Caucaman, tu as fait sauter le cul du fils du général Canteras!
- Je regrette Chef. Je sais que le général est une grosse légume, mais le dossier oublie de mentionner que ce jeune homme commandait un groupe de malfaiteurs qui conduisait un troupeau de quarante vaches Holstein en direction de l'Argentine. Des vaches volées à l'estancia El Rosario. Et il ne mentionne pas non plus qu'il a essayé de nous mitrailler avec une Uzi."
Dans Yacaré, il est question d'une maroquinerie milanaise, de corruption, de curare, de Pantanal, de meurtres très bien organisés. On sent l'humour poindre à chaque ligne, comme pour les deux autres: derrière le suspense, la parodie n'est jamais loin...
"-Contrôlez-vous Contreras. Un ordre de moi et on vous jette dehors à coups de pied dans le derrière.
- Je n'en doute pas, vous ne pourriez jamais le faire vous-même."
Luis Sepulveda est chilien. C'est l'auteur, entre autres de L'histoire de la mouette et du chat, ainsi que Le vieux qui lisait des romans d'amour.
24 août 2007
La fascination de l'étang
" Ce recueil offre, dans une présentation chronologique, de 1905 à sa mort en 1941, vingt-cinq nouvelles permettant de suivre l'évolution de la carrière et du génie créateur de Virginia Woolf, auteur qui fait désormais partie des classiques de la littérature anglaise du XXè siècle.
Du caractère expérimental de ces nouvelles naît leur extrême variété. Histoires à la trame narrative classique ou instants de vie -on y découvrira quatre invités de Mrs Dalloway- portraits poussés au noir ou méditations diaphanes, ces nouvelles sont un peu l'éprouvette où se dépose l'oeuvre de Virginia Woolf, comme loin des contraintes, depuis les années de jeunesse jusqu'au dernier mois où l'appel des eaux dormantes est venu couvrir toutes les autres voix." (Quatrième de couverture)
Il me reste une impression assez mitigée de ce recueil, peut-être justement du fait de sa présentation chronologique. Certains textes m'ont vraiment plu, d'autres (beaucoup moins nombreux, ouf) m'ont laissée au mieux indifférente.
J'ai surtout apprécié la finesse de l'auteure pour caractériser ses personnages, qui sont d'une vraissemblance frappante, tant du point de vue psychologique que sociologique. Son écriture précise, allant au détail, nous présente en même temps des personnages de son temps, mais dans des histoires qui sont autant de bulles qui les isolent pour mieux les comprendre. C'est cette alliance entre une belle écriture et des textes qui poussent à la réflexion qui m'a le plus impressionnée. Je poursuivrai dans ma découverte de cette auteure, certainement.
Mille mercis encore à Olga, qui me l'avait envoyé dans le cadre du swap littéraire de Gaelle.
16 août 2007
Un été indien

Les parents de Bobby s'apprêtent à quitter la ferme où ils vivent avec les grands-parents, pour trouver du travail dans la ville et assurer ainsi un meilleur avenir à leur fils. Bobby en ressent une grande tristesse, et l'impression d'abandonner ses grands-parents qu'il aime tant.
Les sentiments des personnages sont magnifiquement bien décrits, l'ambiance est triste sans être pesante. Malgré cette mélancolie, j'y ai vu de l'espoir, comme un flambeau qui passe d'une génération à l'autre. Un vrai coup de coeur.
"A présent, ses paroles résonnaient en moi avec une grande clarté. J'avais suivi ses conseils. Vivre, laisser vivre et prendre plaisir à la vie, tout cela faisait partie du 'secret' de grand-père; recevoir l'amour et le partager."
Merci à Flo pour ce livre voyageur. Bluegrey et Malice l'ont lu aussi.
10 juillet 2007
Cuisine indienne
C'était très bien vu, Katell, des livres de nouvelles où je pourrais revenir à loisir lorsque mon esprit serait vidé après ces mois de préparation. Avec La colère des aubergines, je me suis plongée avec délectation dans la culture de l'Inde, que je connais peu.
Chaque nouvelle place la cuisine au centre de sa trame, que ce soit pour nous décrire l'épineuse relation belle-mère/belle-fille dans "En sandwich!", ou les problèmes relatifs au mariage dans "Concours d'agapes". Même les rites du deuil sont liés à la nourriture (ou à son absence, d'ailleurs), et donnent à ce livre ce caractère si savoureux.
Cela fait penser à ces cultures où le repas est encore le moment central de la journée, que l'on prépare avec soin (et souvent longuement) et que l'on déguste en famille, dans un moment de partage, car c'est de cela qu'il s'agit. Nos repas familiaux, entre amis ou nos repas du dimanche font aussi partie de ceux-là.
Car au-delà des différences culturelles, Bulbul Sharma nous parle de quelque chose d'essentiel et de vrai. Nombre de nos comportements, de nos souvenirs, de nos affects, de nos sensations, de nos apprentissages peuvent être vus à la lumière des plats que nous avons goûtés, préparés ou partagés dans notre enfance et au-delà. Il n'est pas rare qu'un grand chef parle de la cuisine de sa grand-mère. Nous avons souvent le souvenir de ce que maman (ou mamie) nous préparait quand on était malade, les recettes pour guérir (certaines infâmes, d'autres, un régal). On fête souvent les grands événements autour d'une table. Nous avons des traditions culinaires ancrées dans notre pratique et qui pour nous signifient quelque chose: galette des Rois ici, dessert de la fête des Saints défunts en Equateur, et tant d'autres.
Un livre à savourer, vraiment. Un coup de coeur. Merci encore, Katell, pour cette découverte.
25 juin 2007
La boîte noire et autres nouvelles
Encore un trésor du swap littéraire, ce recueil de nouvelles de Tonino Benacquista. Cinq histoires qui croquent la vie. Vie de tous les jours, vie d' êtres ordinaires tels que nous sommes, mais vie où tout à coup un "petit" détail déraille.
Et ça part, de boule de neige en coulée, puis en avalanche quelquefois dévastatrice, comme dans "La pétition", où le narrateur s'enfonce lente mais inexorablement dans l'échec et la honte, ratant une à une toutes les occasions de se sauver qu'il croit entrevoir. Récit sombre mais humoristique, où les mésaventures sont plus croustillantes les unes que les autres.
C'est aussi quelquefois un point de départ, comme dans "La boîte noire". Victime d'un accident dans les Pyrénées, Laurent parle toute la nuit durant son coma. Ses mots, fidèlement recueillis, lui sont remis par l'infirmière de garde à sa sortie de l'hôpital. De souvenirs en questionnements, Laurent se fraye un passage dans les méandres de sa 'boîte noire', à la découverte de ces "détails" auxquels notre souvenir n'attache aucune importance mais qui cependant nous marquent à vie. Deux extraits:
"J'ai peut-être un trésor, là, posé sur les cuisses comme une petite boîte de Pandore. Il peut me donner les réponses aux questions essentielles, celles qui nous apparaissent, dit-on, le jour de notre mort. Il me dira qui je suis et d'où je viens. Et j'aurai peut-être même une chance de savoir où je vais. Bien avant mon heure. Au milieu du parcours."
" On se demande souvent ce que l'on ferait si la chance nous était donnée de lire notre avenir. Je sais aujourd'hui que connaître son passé a quelque chose de bien plus extraordinaire. La peur du lendemain est une plaisanterie comparée à celle de la veille. Et le destin n'est rien qu'un peu de passé en retard."
On apprécie ces personnages, communs au possible, à qui il arrive des événements extraordinaires ou qui gardent par devers eux des trésors de souvenir et d'imagination.
J'ai pris un immense plaisir à découvrir cet auteur et je suis impatiente de commencer Saga. Encore merci Katell!
15 juin 2007
Nouvelles de Bretagne
Ah, que je suis mal à l'aise lorsqu'il s'agit de prendre la plume pour vous parler de mes lectures... J'ai l'habitude de beaucoup lire mais d'en parler peu, c'est peut-être une des raisons pour lesquelles je ne garde pas toujours un souvenir clair de ce que je lis, à part quelques livres qui m'ont marquée, bien sûr.
En plus, je me suis dit que mes swappées seraient tout de même contentes de savoir si les livres qu'elles m'ont envoyés me plaisent ou pas (pas de risque dans ce dernier sens, je crois).
Ces derniers jours, plongée dans les trajets en bus et les salles d'attente, je me suis attelée aux Nouvelles de Bretagne, sur le thème "Libraires, Librairies". La quatrième de couverture signale la bonne impression du jury sur la qualité des textes reçus, et je ne démens pas.
Certaines sont même époustoufflantes, telle "Sol Invictus", récit étrange mais très émouvant d'un libraire, dont un des clients affronte la perte de son épouse et lui conte son histoire par petites touches, laissées au hasard de ses lectures dans le café-librairie.
Ou aussi "Sous le sable", épopée d'un survivant d'une catastrophe à l'échelle mondiale, qui part à la recherche de la dernière librairie, enfouie sous le sable.
Il y a également "Mort à Denise",où humour et polar font très bon ménage, à la différence des protagonistes. La chute est inattendue mais très raffraîchissante.
Et puis "Le stagiaire", nouvelle du quotidien, désopilante mais riche et pleine d'un optimisme simple mais bon. Un extrait: " C'est sûr que si je fais le bilan, il a dû me ranger l'équivalent de deux cartons de livres sur les rayons du haut, promener vaguement deux ou trois fois le balai à travers le magasin et faire fuir quatre ou cinq clients. Et pourtant, j'ai une très grande impression de positif."
Celles que je n'ai pas citées, ont aussi leurs richesses, on les lit avec intérêt et même avec émotion. Il est partout question du plaisir que procurent les mots, des échanges que permettent les livres, du bonheur de découvrir et de partager l'écrit.





