From China with love

Nos nouvelles aventures à Taishan

09 décembre 2009

Hunger games

hungergamesJe me suis laissée tenter par ce livre suite aux commentaires flatteurs lus ici ou là sur la blogo. Le sujet me tentait bien en plus, alors comme nous étions sur le point de faire une grosse commande pour notre bibli, j'ai proposé de l'y ajouter sur la liste ados et, quelques semaines plus tard, Hunger Games débarquait tout frais tout neuf à la Bibliothèque de Taishan.

J'ai d'abord fait la fille raisonnable et gentille de toute façon, j'avais Passage du gué et Emma à lire pour les défis: déjà il fallait qu'il soit couvert et enregistré, et puis il y avait des personnes qui souhaitaient le lire. Je ne l'ai donc récupéré que plus tard (admirez ma grande générosité et ma maîtrise de moi, si si ;) ), pour n'y passer qu'un après-midi et une soirée dessus et me coucher encore à des heures inavouables, tant j'ai été prise par l'histoire de ces Jeux de la Faim.

A seize ans, Katniss et Peeta sont tirés au sort pour participer à un jeu de téléréalité meurtrier, dont seul le vainqueur est survivant, les Hunger Games. Organisés par les autorités, ces jeux sont avant tout un moyen de domination par la peur des populations des douze districts de Panem, qui ont une seule et unique fois tenté de se rebeller. Ainsi, chaque année, un représentant du Capitole tire au sort dans chaque district un garçon et une jeune fille, pour montrer aux gens que celui-ci a pouvoir de vie et de mort sur tous ses citoyens.

Alors lorsque Katniss entend le nom de sa petite soeur lors du tirage au sort, elle est saisie d'effroi et part volontairement à sa place, car Katniss est une survivante. Ce dont elle ne se doute pas, cependant, c'est que l'autre tribut de son district a des sentiments profonds pour elle, qui la plongent elle-même dans la confusion, ce qui ne va pas manquer de se révéler tour à tour un atout et un handicap...

Comme je l'ai dit plus haut, une fois commencé le roman, hélas, comment le reposer? Comment arrêter de tourner les pages qui enchaînent rebondissements et suspense alors qu'on veut toujours en savoir plus? Car Suzanne Collins nous offre un roman au rythme enlevé, où les événements se succèdent, entrecoupés parfois des sensations de Katniss et de ses pensées, de ses souvenirs, pour nous permettre de la comprendre.

Les personnages eux-mêmes sont dépeints simplement, avec honnêteté, ce qui nous les rend tout de suite très réels et nous permet de nous attacher à certains d'entre eux. Katniss nous est bien sympathique car même si elle se trouve dans une situation ma foi assez classique dans ce genre de roman (l'héroïne qui ne semble rien avoir de remarquable et qui devient centre de l'attention des plus beaux partis de la place), elle ne se morfond pas ni ne devient larmoyante. On la sent égarée, mais on parvient à éprouver de la compassion pour elle. Et moi-même, je ne sais pas dans quelle direction se serait orienté mon coeur, car les deux jeunes hommes sont également touchants. Gale et son amitié profonde et désintéressée, Peeta et son dévouement.

Quant aux autres tributs tirés au sort cette même année, quelques uns sont mis en valeur par l'auteure, soit pour leurs atouts, soit pour leur esprit, totalement acquis à la mentalité des Hunger Games. Le portrait en est relativement effrayant, car sur cette arène se côtoient des jeunes de tous les âges et toutes les conditions, dont certains sont simplement offerts en pâture à un public obligé de regarder ses enfants se faire tuer. C'est d'ailleurs le plus intéressant de l'oeuvre de Collins, cette vision de la télévision comme pur objet de pouvoir et de domination. Pendant toute l'adolescence de leurs enfants, les parents vivent dans la crainte que leur famille soit mutilée, et dans la joie la plus indécente lorsque ce n'est pas le cas. Les mentalités changent en fonction de ces nouvelles valeurs sociales qui marquent la victoire absolue du chacun pour soi. Dans ce système, seuls des êtres relativement marginaux, comme Katniss ou Gale connaissent l'entraide, la générosité, le don de soi. Car les pauvres, plus que les autres, sont victimes de ce système qui veut bien les assister s'ils en ont besoin, en échange d'inscriptions supplémentaires de leur nom sur la liste des tirages au sort pour les jeux.

On ne peut pas dire que ce soit de la très grande littérature, mais c'est un sacré page-turner, à n'en pas douter. On referme le roman avec une seule envie en tête aller se coucher et dormir enfin: se procurer le tome deux, qui d'ailleurs me permettra de rajouter un titre au challenge de Bladelor, lire en VO (alors ça ne compte pas, n'est-ce pas?). Autant dire que ce deuxième volume vient d'être rajouté à la PAL qui m'attend déjà en France pour Noël (quoi, pas raisonnable, moi?).

Suzanne Collins, Hunger Games, Pocket jeunesse.

17 juin 2009

Céleste ma planète

C_lestemaplan_teA quatorze ans, le narrateur fait une rencontre aussi marquante que fugace, car Céleste ne revient plus au collège le lendemain. Déterminé à la retrouver, le jeune homme fait une terrible découverte: tous les maux dont souffre notre planète en ces temps ultramodernes touchent Céleste dans son corps et sont en train de la tuer.

Et voilà qu'elle disparaît, car cette découverte pourrait mettre à mal les intérêts économiques du plus grand conglomérat industriel!

Notre héros mettra tout en oeuvre pour tenter de sauver "sa" Céleste, tentant de réveiller les hommes à la protection de la planète.

Tout le monde a ses auteurs qu'il aime d'amour. Pour moi, Timothée de Fombelle est de ceux-là. Avec quelle simplicité et quelle force il nous embarque dans cette histoire à la fois intelligente et sensible, où l'amour retrouvé répond à la solitude et la prise de conscience au tout économique et à l'argent roi.

Un très beau moment de lecture à tout âge, qui laisse sa trace.

C'est à Gaëlle que je dois cette belle découverte. Clarabel et Emmyne en parlent aussi.

Timothée de Fombelle, Céleste, ma planète, Folio Junior.

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21 février 2009

Les mystères de la vingt-cinquième heure

midnighters1Jessica Day vient d'emménager à Bixby, dans l'Oklahoma: nouveau lycée, nouveaux visages, le parcours classique de la nouvelle arrivante. Mais rapidement, elle découvre que Bixby recèle un secret énorme et très dangereux. A minuit, le temps s'arrête, la vie se fige. C'est l'heure bleue, un monde fait de créatures extraordinaires et terrifiantes d'où les humains sont exclus... hormis quelques adolescents, nés exactement à minuit.

L'arrivée de Jessica lève un vent de panique parmi les créatures de la nuit, qui se jettent sur elle comme si elle était l'ennemi à abattre. Ce qui interpelle les autres midnighters, qui la trouvent des plus ordinaires, car elle semble dépourvue de pouvoir particulier. Ce don, qui terrorise les darklings, les midnighters devront le découvrir au péril de leurs vies.

C'est à Karine que je dois cette jolie découverte. J'étais très attirée par cette histoire de temps qui s'arrête et le rythme semblait assez relevé. Aussi me suis-je procuré le premier tome dans l'idée de voir ce que ça donnait. Et j'ai vraiment bien fait, croyez-moi! Scott Westerfeld crée des mondes très particuliers, tout en nous donnant l'impression que cela pourrait se passer à côté de chez vous. Cette vraisemblance, cette façon de construire les personnages qui les rend uniques tout en restant des adolescents ordinaires donne toute sa force au récit. Les rebondissements sont nombreux, il y a du suspense, bref, on ne s'ennuie pas, et les pages tournent au détriment des heures de sommeil.

Les questionnements y sont beaucoup moins profonds que dans la série d'Uglies et le récit est plus centré sur l'histoire particulière des jeunes et leurs aventures, chacun détenteur d'un talent très particulier. Les personnages sont eux-mêmes assez intéressants: un peu tendance gothiques marginaux mais réellement doués. Leurs relations sont complexes et on est loin du "un pour tous...". Mais c'est ensemble qu'ils devront affronter les défis qui vont se présenter.

midnighters2

Une fois le talent de Jessica découvert, à la fin du premier volume, la paix semble être revenue dans l'heure bleue. Les darklings la craignent trop pour l'affronter et elle peut enfin découvrir et profiter de ce moment particulier. Un soir, cependant, elle découvre un jeune homme, figé devant sa fenêtre, un appareil photo à la main... Alors que les midnighters croyaient évoluer dans le secret le plus absolu, voilà que leur existence est connue! En essayant de percer à jour ce mystère, ils vont découvrir des événements atroces qui ont eu lieu cinquante ans auparavant à Bixby, impliquant autant les diurnes que les midnighters... et même les darklings! Ils s'aperçoivent par la même occasion que l'un d'entre eux est en grand danger et vont devoir déjouer cette machination avec leurs seuls talents.

Ce deuxième volume est encore plus enlevé que le premier; le lecteur a à peine le temps de dire ouf!, que nous voilà déjà entourés par un mystère épais et prêts à suivre les midnighters dans leur aventure. Le fait de sortir de l'anonymat rend certes les jeunes vulnérables, mais leur permet de découvrir une alliée de taille (bien que mystérieuse), qui leur offrira une connexion avec les midnighters qui habitaient Bixby jusqu'il y a une cinquantaine d'années et qui ont, depuis, tous disparu. Westerfeld développe beaucoup le sujet des capacités des midnighters, et des relations qu'elles induisent entre eux, évoluant toujours avec une grande cohérence. Nous découvrons aussi un peu de leur passé, qui vient expliquer et compléter l'histoire, nous donnant d'autant plus de clés sur les personnages.

Enfin, et ce n'est qu'un détail (mais mon coeur de midinette ne peut y être insensible), certaines relations viennent à se développer ou à évoluer, pour le plus grand plaisir du lecteur, et l'auteur nous régale avec quelques pépites de tendresse.

La fin de ce deuxième volet est haletante, mais on sent encore ce goût de menace qui plane. Ce n'est pas fini et on a hâte d'ouvrir Blue noon.

midnighters3Un autre mystère de l'heure bleue a été percé, un midnighter a été sauvé in extremis (quoique... il se comporte bien bizarrement, ces derniers temps). Les midnighters vivent sous une ère un peu différente où ils vont pouvoir développer leurs talents dans toute leur étendue. Mais voilà qu'un jour, l'heure bleue arrive soudainement, en pleine journée. Plus angoissant encore, Melissa sent que cela provoque une explosion de joie chez les darklings. Qu'est-ce que cela veut dire? Et si, soudainement, le monde basculait définitivement dans l'heure bleue?

Les midnighters ne seront pas trop de cinq pour trouver ce qui trouble le temps bleu et essayer d'éviter l'énorme bouleversement qui se prépare. Les conséquences seront douloureuses pour le groupe, qui sera amené à faire des choix parfois déchirants. Le personnage de Rex devient très intéressant, qui mène une lutte interne pour sauvegarder son humanité. Des questionnements sont enfin posés, mais ce n'est définitivement pas ce qui intéresse le plus Westerfeld (du moins, pas dans la même mesure que dans Uglies): surtout des questions relatives à la manipulation des gens, même si l'on croit agir dans leur propre intérêt.

Et comme Karine, certaines choses à la fin m'ont rendu un peu triste; décidément, Westerfeld aime bien provoquer des petits serrements de coeur chez ses lecteurs.

En conclusion, une bonne série, très enlevée, qui ne vous fera pas augmenter vos heures de sommeil et que je vous recommande vivement. Si vous voulez accéder aux billets de Karine, c'est ici, ici et ici.

Scott Westerfeld, Midnighters, t.1: L'heure secrète, Pocket jeunesse, t.2: Touching darkness et  t.3: Blue noon, HarperCollins.

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04 janvier 2009

"L'économie de la renommée en vaut bien une autre"

Cela faisait pas moins de 5 mois que Specials s'empoussiérait sur ma Pile à commenter... Aussi, lorsque Extras m'est parvenu, j'ai dû replonger dans mes souvenirs et mon explication risque de ne pas être très claire...

specialsMalgré ses efforts pour échapper à la programmation, Tally est récupérée par la ville qui, une fois encore s'est servie d'elle pour tenter de venir à bout des fumants. Cette fois, elle subit une dernière opération, qui fait d'elle une redoutable Special. Elle est programmée pour défendre les intérêts de la ville, sa société. Mais comme avant, quelque chose en elle refuse de s'y soumettre totalement. Ses nouvelles performances de Special mitigées par quelques restes plus ou moins présents d'humanité sont le point de départ de nouvelles aventures qui transformeront à jamais le monde de Tally. Mais au-delà de l'action, l'auteur élargit le questionnement en nous présentant un monde différent, où le totalitarisme absolu a laissé la place à toutes les dérives de la liberté retrouvée. L'homme peut-il vivre affranchi de toute autorité sans se détruire? Voilà entre autres les problématiques vers lesquelles nous mène Scott Westerfeld dans cette aventure palpitante.

extrasTrois ans après le déferlement d'intelligence qui conclut Specials, l'auteur nous plonge dans une nouvelle société où le règne de la beauté a laissé la place à celui de la renommée. Tous les mérites et avantages ne peuvent être acquis que si l'on est une vedette ou si l'on "claque" des histoires plus ou moins croustillantes. Aya Fuse, jeune ugly de quinze ans  désespère de se faire connaître; mais lorsqu'elle trouve enfin le sujet qui va la propulser dans les cimes de la reconnaissance, elle déclenche une aventure avec moult rebondissements, dont la réapparition de la fameuse Tally Youngblood.

Ce quatrième opus n'était pas prévu dans la trilogie initiale, très fine et dont la fin est très cohérente. Il présente, donc, à mon avis, plus de faiblesses que les trois premiers volets. J'ai senti beaucoup de parallèles entre le personnage d'Aya et celui de Tally dans Uglies: le questionnement sur ce qui est bien ou pas, l'envie irrésistible d'accéder à une existence sociale, la découverte qu'il existe un monde en dehors de celui tant vanté par la société en vogue. Seulement, Aya n'est pas Tally et son petit copain est loin de valoir David ou Zane: les protagonistes perdent à la comparaison, trop évidente.

Il n'en reste pas moins qu'il nous permet de voir que le monde, même libéré est toujours prêt à dériver vers une nouvelle folie, et c'est ça le talent de l'auteur, nous poser toujours de nouvelles interrogations sur la liberté et ses excès, sur le prix à payer de sa personne pour "exister" dans la société, le malheur de ceux qui n'y arrivent pas, le bonheur de ceux qui ne veulent pas y arriver... Une suite peut-être pas aussi percutante que la trilogie d'origine, mais un bon moment de lecture tout de même.

Vous pouvez retrouver les avis de Brize, Emmyne et Fashion (que je remercie pour ce livre_voyageur).

Vous pouvez aussi retrouver les billets sur Uglies et Pretties.

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14 novembre 2008

Les yeux d'Elisha

lesyeuxdelishaVoilà deux ans que Tobie est parti s'installer parmi les Pelés (le peuple de la plaine) où il a fini par se faire une place. Il vit sans passé, sans trop d'illusions, au jour le jour, jusqu'à ce qu'un habitant de l'arbre lui fasse une révélation capitale, qui va l'obliger à revenir dans son ancien monde.

Ce qu'il y découvre est terrifiant. La défiance, la misère intellectuelle et morale règnent dans l'arbre qui est même menacé par des lichens et des mousses qui ne cessent de proliférer. L'effroyable Jo Mitch retient prisonniers tous les intellectuels et les a réduits à l'esclavage. Pour sa part, Leo Blue, l'ancien meilleur ami de Tobie a pris le pouvoir dans l'arbre et l'utilise pour livrer une guerre sans merci aux Pelés, qu'il tient pour responsables de la mort de son père. Il tient aussi Elisha captive et compte bien se marier avec elle, malgré les déconvenues qu'elle lui inflige...

A nouveau, Tobie ravivera l'espoir et ralliera les quelques foyers de résistance dans une tentative désespérée de débarasser enfin l'arbre des maux qui l'accablent.

Une nouvelle fois, Timothée de Fombelle nous embarque dans un magnifique récit à la suite de ce tout petit jeune homme très attachant. Tout au long du roman se posent deux questions essentielles, la première en rapport à l'utilisation immodérée et irréfléchie des ressources, la seconde en rapport aux méfaits de l'autoritarisme sur l'organisation sociale et sur l'humanité en général. On s'interroge l'air de rien, pendant que sa plume nous mène d'aventure en rebondissement, à la suite d'hommes et de femmes courageux, aimants et drôles. C'est beau, c'est frais et profond en même temps, une lecture qu'on n'oublie pas de sitôt.

Les illustrations de François Place sont en outre très belles, et nous donnent une représentation toute particulière de ce petit monde, à regarder attentivment.

Les avis de Clarabel et Gambadou.

Timothée de Fombelle, François Place (ill.), Tobie Lolness - Les yeux d'Elisha, Gallimard Jeunesse.

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05 novembre 2008

Tobie Lolness

Tobie_lolnessBlessé et tremblant, Tobie fuit ses poursuivants à folle allure. Ce garçon de treize ans et à peine un millimètre et demi est la proie d'une immense traque menée par le tout puissant Jo Mitch, effroyable de cupidité et de bêtise.

Ses parents sont déjà tombés. Il y a longtemps, Sim, son père, avait fait une découverte essentielle qui aurait pu changer toute la vie dans le grand chêne où vit ce petit peuple. Mais craignant les dérives possibles, il a refusé de livrer son secret au Conseil de l'Arbre, se condamnant ainsi que sa famille à l'exil, la prison puis la mort.

Tout au long de sa fuite, Tobie repense à son enfance heureuse, à leur première migration vers les branches basses, là où habitent les indésirables. Il sait également que c'est là bas qu'il pourra retrouver son amie et alliée, Elisha.

Ce livre est une petite merveille. Cela faisait longtemps que je le guettais à la bibliothèque mais, victime de son succès, il n'était jamais disponible. Timothée de Fombelle sait construire un monde à l'image de l'humanité mais à petite échelle. La misère humaine, l'ambition, la cruauté, les préjugés, tout s'y retrouve. Mais on y trouve aussi le courage, l'amour plus fort que tout, de ses parents mais aussi de sa terre, l'amitié (la vraie). On trouve aussi la dualité qui est le commun de la plupart des êtres humains, la palette de gris qui fait la diversité du monde et sa richesse.

L'écriture est très belle, l'histoire captivante. On s'attache tout de suite à Tobie, on souffre pour lui, on tourne les pages sans pouvoir poser le livre jusqu'au bout. Les dessins de François Place sont simples mais très beaux (la couverture est d'ailleurs magnifique). Et on est à la fois effrayé et très content de savoir qu'il y a une suite. Il me tarde de rendre celui-ci pour me la procurer.

Les avis très enthousiastes de Gambadou, Florinette et Clarabel.

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28 octobre 2008

Une jeune orpheline pleine de charme et d'intelligence

Sally_LockhartLondres, fin du XIXè siècle. A seize ans, Sally Lockhart se retrouve orpheline, avec un message codé de son père envoyé de Singapour peu de temps avant sa mort.

Un mystère que Sally compte résoudre au plus vite en se rendant dans les bureaux de la compagnie maritime Lockhart & Selby, mais le premier employé qu'elle interroge s'effondre à ses pieds, mort de peur... Avec l'aide du jeune Jim Taylor, intrépide commis de la compagnie, et de ses nouveaux amis, les Garland, elle parvient à trouver M. Marchebanks et son journal, dont les révélations vont bouleverser sa vie, elle apprendra l'existence du merveilleux rubis d'Agraphur auquel sa vie semble intimement liée.

Mais le mystère reste entier quant aux circonstances de la mort de son père et, surtout, le danger et la mort ne sont jamais bien loin, en la personne d'une funeste femme qui tient une pension dans les mauvais quartiers et qui semble vouloir s'approprier le rubis (et se débarrasser de Sally par la même occasion), ne reculant devant aucune atrocité.

Philip Pullman nous entraîne dans une histoire palpitante au coeur de l'Angleterre victorienne, dévoilant les dessous peu reluisants du commerce avec l'Orient: traffics en tout genre, contrefaçon d'opium, ingérance politique pour servir les intérêts de la couronne (ou ceux de certaines élites), meurtre dans une société où la vie humaine ne semble pas toujours avoir de grande valeur. Dans cet univers, Sally et ses nouveaux amis forment une sorte de bulle lumineuse, où les rapports ne sont pas dictés par l'intérêt et la méchanceté ou le mépris, une vie un peu bohème, due à leur profession (ou plutôt en accord avec leur caractère). Une fine équipe, un peu disparate mais riche des différences et des habiletés de chacun.

La plume enlevée de Pullman va de rebondissement en rebondissement, ne relâchant jamais le suspense. Une fois le livre en main, on a du mal à le poser avant de connaître le fin mot de l'histoire, qui n'arrive qu'à la fin (même si les raisons de l'assassinat du capitaine Lockhart nous apparaissent dès le départ). Un régal de lecture.

Je ne vous révélerai pas grand chose des tomes suivants, pour ne pas spoiler et gâcher votre plaisir, car tous les épisodes sont intimement liés...

Dans Le mystère de l'Etoile Polaire, Sally et ses amis se trouvent plongés dans le monde des complots industriels dans la haute société. Tout commence lors de la représentation d'un magicien qui se croit menacé de mort parce qu'il a su voir un crime commis il y a plusieurs années et resté impuni. Ils seront une nouvelle fois exposés à tous les dangers et y laisseront même des plumes, pour notre plus grande émotion.

Quelques années après, dans La vengeance du Tigre, Sally se retrouve au centre d'un complot visant à la dépouiller de tout son capital et, pire encore, de son trésor le plus précieux: sa fille. Mais qui peut lui en vouloir au point d'élaborer un plan aussi diabolique et si bien orchestré qu'il lui aura fallu des années d'organisation?

La princesse de Razkavie est un joli délire qui clôt très bien l'histoire, je trouve. Jim (qui a bien grandi et est devenu un jeune homme trèèès séduisant) croit apercevoir dans Londres la jeune Adelaïde, malheureuse créature disparue lors de leur première aventure et qu'il n'a jamais cessé de rechercher, rongé par la culpabilité. Mais voilà, lorsqu'il la revoit enfin, elle est mariée au prince de Razkavie, petit pays de l'Europe centrale qui va se trouver en proie à des bouleversements politiques de grande ampleur où Adelaïde et Jim joueront un rôle capital.

C'est grâce à Clarabel que j'ai découvert cette série. Malheureusement je n'ai pu regarder qu'un épisode de l'adaptation de la BBC qui était fort bien faite, comme souvent. Je continuerai à rechercher, parce que tant le livre que la série télé ont été un véritable coup de coeur.

Philip Pullman, Sally Lockhart: La malédiction du rubis, Le mystère de l'Etoile Polaire, La vengeance du Tigre, La princesse de Razkavie, traduits par Jean Esch, Folio Junior chez Gallimard.

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08 juillet 2008

Le jour où on efface un "jamais" est un grand jour

lettresdamourde1_10Ernest, dix ans, a perdu sa mère à la naissance. Son père est parti trois jours après, pour ne jamais revenir. C'est sa grand-mère, Précieuse, qui l'a élevé: une vie terne, sans beaucoup de distractions ni d'affection. Excellent élève, responsable à l'extrème, au grand jamais Ernest ne prend le risque d'un échange, malgré les efforts de ses camarades, attirées par sa beauté.

L'arrivée à l'école de Victoire de Montardent, sa nouvelle voisine de pupitre, va faire basculer sa vie. Elle est volontaire, la petite Victoire, et pour cause, treizième et seule fille d'une fratrie de quatorze enfants, elle sait où elle veut aller et s'en donne les moyens. L'angoisse que ressent Ernest au début se mue vite en amitié. Auprès des Montardent, qu'il ne tarde pas à rencontrer, Ernest découvre le monde, la joie de vivre, l'insouciance, l'entraide, l'affection, et un certain sens des responsabilités qui n'implique pas le renoncement au bonheur.

A son tour, Ernest mènera sa grand-mère à renouer un peu avec son humanité, non pas qu'elle ait été inhumaine, mais pour la libérer de toutes ces années qu'elle a vécues en recluse dans sa propre maison.

Un jour, au détour d'un rayon de supermarché où il aide au ravitaillement des Montardent (et c'est déjà toute une aventure), Ernest repère un livre dont le nom de l'auteur explose tel une bombe dans sa tête. Son père... peut-être... Marié, six filles, et tout aussi beau qu'Ernest. Le sentiment d'abandon fait surface en lui avec la force d'un volcan en éruption. Il veut le retrouver, il veut savoir.

La réponse du père arrivera quelques semaines plus tard, sous forme de cartons remplis de classeurs, eux-mêmes regorgeant de lettres: une pour chaque jour, depuis le départ de Gaspard. Grâce à elles, l'enfant pourra comprendre pour commencer à se reconstruire.

J'ai adoré ce livre, empreint de beaucoup de tendresse, et d'une grande émotion. A tel point qu'il m'est difficile d'en parler. Aucune mièvrerie, mais des sentiments simples et profonds, et une belle dose d'humour. Un coup de coeur que je ne manquerai pas de mettre dans les mains de mes petits lecteurs en herbe dans quelques années.

A découvrir absolument.

"Mes parents cherchaient un grand ensemble de noms. Ils avaient pensé aux rois de France mais ils ne pouvaient pas nommer tous leurs fils Louis. Ils savaient qu'ils voulaient beaucoup d'enfants alors ils se sont dit qu'ils allaient entamer les noms des douze tribus d'Israël sans savoir qu'ils allaient réussir à fournir les douze bonshommes pour les douze noms." p.37

" Ernest, mon Ernest, tu as répondu à toutes mes prières. C'est toi alors qui auras le courage que je n'ai pas eu. C'est toi qui viendras vers moi. Ce sont les enfants qui nous apprennent comment être parents. J'ai beaucoup de retard. Viens quand tu peux. Viens vite!" p. 197

Le titre du billet est, lui, tiré de la page 78.

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30 mai 2008

Fantastique Maître Renard

ma_tre_RenardRoald Dahl, illustré par Quentin Blake.

Ce livre parle de trois fermiers: l'un est très gros, le deuxième est tout petit et le troisième est très maigre. Il y a aussi un renard qui chaque soir demande à sa femme ce qu' elle veut pour dîner. Le premier fermier élève des poulets, le deuxième des canards et des oies. Le troisième élève des dindes et il boit beaucoup de cidre, qu'il fabrique avec les pommes qui poussent dans son jardin. Tous les fermiers veulent tuer le renard. Mais le renard est malin, il s'approche toujours d'une ferme face au vent.

Après plusieurs essais, ils campent devant le trou par lequel Maître Renard s'est échappé. Mais Maître Renard continue de creuser, en passant sous les trois fermes. Pendant ce temps, les animaux de la colline ne peuvent plus sortir pour chercher à manger et ils ont faim. Quand Maître Renard l'apprend,il les invite à un grand festin sous la terre, avec les produits des trois fermes.  Finalement, ils décident de rester vivre sous terre pour toujours.

J' ai préféré à la fin quand les fermiers attendent devant le trou, alors que les animaux font un festin  avec les produits des trois fermes.

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17 janvier 2008

Entre le feu et la glace...

h_sitationLes choses ont bien changé en quelques semaines. Edward est de retour et a fini par se rendre à l'évidence: Bella ne pourra rester auprès de lui qu'en devenant elle-même un vampire. Mais la place de Jacob dans son coeur est bien plus grande qu'elle ne veut bien l'admettre, ce dont le jeune indien compte bien profiter, au demeurant.

Par ailleurs, le danger est de plus en plus pressant. Victoria lève une armée de vampires, bien décidée à se débarasser une fois pour toutes de Bella et du clan de vampires aux étranges yeux jaunes. Sans oublier les Volturi, qui pourraient bien être tentés de leur rendre une visite, histoire de faire quelques vérifications...

Bella est partagée entre deux hommes, deux mondes absolument incompatibles et va devoir faire un choix définitif. D'un côté, Jacob, sa bonne humeur, sa camaraderie, sa chaleur, et une passion tout aussi ardente que lui, grâce à laquelle il ne s'avoue jamais vaincu. De l'autre, Edward, dont la passion n'est pas moins violente, mais est patinée de douceur, de sens de l'équité et de l'honneur, qui ne la juge pas mais est prêt à tout lui donner. Vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, le jeune Jacob m'a un peu tapé sur le système (et Bella aussi, quelquefois, on a un peu envie de la secouer, mais c'est en adulte que je parle, je me dis que je dois louper quelques "trucs").

L'intrigue est encore une fois très bien menée, car aux déboires sentimentaux de Bella, qui pourraient devenir lassants à force, s'ajoute la lutte pour la vie que le clan doit mener contre un adversaire prêt à tout pour les anéantir: Victoria. Elle sera même à l'origine d'une improbable alliance entre vampires et loups-garous, qui ne va pas dans le sens d'apaiser le coeur de notre héroïne. La dernière scène est cul-cul à souhait, n'empêche, j'ai dû la relire un certain nombre de fois depuis que j'ai posé le livre.

J'ai hâte de connaître la suite (se transformera? ne se transformera pas?). Et dire qu'il va falloir attendre encore jusqu'à l'automne prochain...

L'avis de Fashion.

Par ici, si vous tenez à lire mes billets sur Fascination et Tentation.

Posté par maijo à 08:14 - Mes lectures - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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