Maintenant que je vous ai mis dans la nouvelle ambiance de ce modeste salon, permettez-moi d'éclaircir les raisons qui m'ont poussée à lui choisir un nom aussi plein de classe :D (et de James ;)).

Personnellement, je m'étais penchée sur une formule incluant le dragon, animal que j'affectionne. Mais le dragon, aussi classe soit-il, ne me permettait pas tellement de vous raconter comment, par exemple, j'ai affronté ma première chute d'oie vivante à mes pieds au marché, ou comment j'ai lié intime connaissance avec mes couteaux de cuisine. Il ne vous aurait pas expliqué non plus, d'ailleurs, comment je me suis fait lachement abandonner dès mon arrivée par mon allié numéro un (le fourbe), j'ai nommé l'APN...

Par ailleurs, vous êtres plus près de trouver des photos de James  sur la toile (de tous les James, d'ailleurs, et soit dit en passant, je ne me suis pas privée), que des photos de dragons... Mine de rien, pour la bannière, ça aide (sauf qu'on perd un temps fou à baver devant les James en question).

Mais entrons dans le vif du sujet.

Une famille nombreuse qui débarque dans le sud de la Chine, ça décoiffe. Vraiment.

Les chinois, d'abord, pas habitués à voir plusieurs enfants (lisez plus d'un) avec leurs parents. A notre tour d'être les vedettes, dans la rue, au resto où les serveuses demandent si elles peuvent se faire photographier avec les petiots, ou en attendant le bus pour l'école (où j'ai l'occasion de travailler mon sourire de Monalisa, vu que je ne comprends pas un traître mot de ce que racontent ces dames) . D'ailleurs, san (trois) est un des premiers mots de chinois que j'ai compris, on se demande bien pourquoi ;)

La famille, ensuite, car la Chine ça dépayse à tous les degrés. Malheureusement, n'ayant pas d'allié, je ne puis vous mettre de photos de nos premiers jours, mais il y a eu quelques temps forts.

  • Notre premier jour au marché, où la volaille et le poisson sont choisis et vendus vivants. Non pas que l'acheteur doive gérer la mise à mort chez lui, c'est fait sur place, à la demande. J'avoue que dans ma grande lâcheté, le seul canard que j'aie jamais acheté était déjà mort. Outre des bestioles que l'on possède en commun dans nos cultures culinaires, notre marché regorge de surprises. Il n'est pas rare d'y trouver anguilles, grenouilles, poissons-chat, lapins et cochons d'inde (vivants, bien évidemment). J'en conclus que  le chinois n'est pas très émotif quant aux animaux dont il se nourrit.
  • Le jour où, au supermarché, posé par-dessus la glace pilée du poissonnier, trônait un crocodile (un vrai). A emporter, en filet, en darnes, au poids. Je me suis laissée dire que j'ai eu tort de ne pas en acheter, car paraît-il, c'est très bon... mais je m'y connais peu en boudin d'ours figé et autres proies de chasse.
  • Le jour où, en ville, j'ai eu de nombreuses occasions de repenser au superbe billet d'Alinéa sur les toilettes turques. Sauf qu'ici, il y avait bien des toilettes hommes et femmes. Heureusement, d'ailleurs, car une fois dans l'aire réservée au genre concerné, il n'y a pas de porte devant lesdits cabinets d'aisance.
  • La recherche de farine de blé dans le supermarché, car tout dans cette aventure ne ressemble pas à un film avec James dedans. Même que des fois on se croirait perdu dans une scène de La petite maison dans la prairie (vous remarquerez tout de même que la mère y est rarement décoiffée malgré tout ce qu'elle fait, la classe quand même). Tout ça pour dire que je fais mon pain à la main deux fois par semaine. Et que quand on tombe en panne de farine c'est grave. Parce qu'on ne sait pas comment ça se dit, ni comment ça s'écrit en chinois, ni où il faut la chercher dans le supermarché (ah, l'organisation des rayonnages dans les supérettes chinoises: vous avait-on dit que le chinois aime les puzzles et les labyrinthes?).
  • Le jour où l'on m'a conseillé d'acheter le thé "dans ce rayon là". Le lendemain matin, en ouvrant mon sachet kraft, je me suis trouvée nez à nez avec... des graines de tournesol... Soyez magnanimes, j'ai fait des progrès depuis.

Il y en a un qui promet aussi, c'est le jour où, très prochainement, je devrai aller chez la couturière pour nous habiller mon fils aîné et moi (au moins, je ne sais plus si dans les malles il  y aura de quoi habiller les deux autres), car la petite famille est invitée à un mariage début juin. Mais ça, ce sera un bon sujet pour un prochain billet (quoique, peut-être le sujet sera meilleur une fois récupéres les habits en question).

En attendant, je vais pouvoir recommencer à prendre des photos. Espérons que cet allié sera plus digne de confiance que son prédécesseur. Il faut déjà que je vous présente mes couteaux, histoire que vous compreniez ma mésaventure (ou pas).