persuasionA dix-neuf ans, Anne Elliot, troisième fille d'un baronnet du Somerset s'éprend d'un jeune capitaine sans relations et sans fortune, bien que né sous une bonne étoile et d'une grande force de caractère. Le prétendant n'est pas du goût de la famille, qui ne s'est jamais trop soucié des sentiments de la jeune fille ni de son bien-être en général, et Anne consent à rompre son engagement.

Sept ans après, elle est toujours une jeune femme discrète et raisonnable, et reste toujours le cadet des soucis de ses soeurs et de son vaniteux de père, qui frisant la banqueroute, doit laisser son château pour partir s'installer à Bath et réduire ainsi son train de vie. A vingt-six ans, elle n'a toujours pas oublié le beau capitaine Wentworth, et voilà que les nouveaux locataires du château familial ne sont autres que l'amiral Croft et sa femme, née Wentworth et soeur du capitaine.

Restée près de sa soeur Mary, désormais mariée dans la région du château de Kellynch, Anne rencontrera donc à nouveau l'homme auquel elle voue encore tout son amour, sans savoir quels sont ses sentiments en retour. L'aura-t-il oubliée? Aura-t-il surmonté sa rancoeur? L'aimera-t-il encore? Anne ne tient pas à se mettre en avant; c'est en restant toujours égale à elle-même, douce et discrète, mais avec une fermetée apprise avec les années et suite à ses amours malheureuses qu'elle retissera des liens avec le beau capitaine.

Après mes déboires avec Emma (vous en avez assez entendu parler par blog-it interposé, je crois), j'ai retrouvé la plume de Mlle Austen avec un immense plaisir. Presque tout m'a plu dans Persuasion.

Anne s'est laissée influencer par l'orgueil de sa famille et les principes rigides de lady Russel, la meilleure amie de sa défunte mère, lorsqu'elle était jeune; elle s'est déchirée le coeur et a brisé celui de son prétendant. Avec le temps, les situations changent, mais pas les personnages. Sir Elliot et sa fille aînée sont toujours aussi imbus de leur personne, Mary, la deuxième fille n'a d'yeux que pour elle-même, lady Russel veille toujours sur Anne, qu'elle trouve être la seule de la famille à ressembler un tant soit peu à sa mère.

Au début, on sent le capitaine Wentworth tout aussi réticent qu'Anne à renouer le contact; il le fait avec quelque brusquerie, une sorte de froide politesse. Mais au fur et à mesure de leurs rencontres, Anne sera surprise d'entrevoir, chez le capitaine, des attentions et une admiration auxquelles elle ne s'attendait plus. Aussi, comme dans tout roman Austenien, on sent la fin se profiler depuis le début, mais on suit avec délectation les chemins que Jane Austen nous fait prendre pour y arriver. On savoure chaque moment de cette lecture et on est ému pour Anne et le Capitaine, même si leurs échanges sont pleins de retenue (ou peut-être justement parce qu'ils sont pleins de retenue). Et à la fin, quel bonheur, même si on ne s'attendait pas à autre chose.

classics

Ce livre a été lu dans le cadre du défi English Classics, ce qui revient à dire que celui-ci est complet. Cependant, je continuerai à lire d'autres english classics dans le courant de l'année, histoire de continuer à faire diminuer ma PAL, qui a retrouvé des niveaux astronomiques après mon dernier passage en France. Comment ça, je ne suis pas raisonnable? Après huit mois au régime presque sec?