romancingbridgertonVous croyiez hier m'avoir entendue parler de doudouthérapie, de chocolat chaud et autres douceurs pour conjurer le froid, jugez par vous-mêmes. Décembre, en plus d'être le mois anglais, aura été pour moi le mois de la romance. Il faut dire que les livres de Julia Quinn sont addictifs, que les Bridgerton en particulier sont une famille très attachante et que j'avais une folle envie de savoir qui était Lady Whistledown. Par conséquent, Fashion ne m'avait pas sitôt mis ce volume entre les mains que j'en commençais la lecture. Que je ne me suis pas amusée à faire durer, d'ailleurs.

Colin Bridgerton, comme son nom l'indique (si vous avez bien suivi) est le troisième de la fratrie, après Anthony et Benedict dont je vous ai parlé dans des billets précédents. Dans An offer from a gentleman, qui a lieu plusieurs années auparavant, Colin commet une maladresse de taille à l'encontre de Penelope Featherington, meilleure amie d'Eloïse Bridgerton, éternelle Wallflower malgré sa gentillesse et son intelligence, au point qu'à ving-huit ans, sa propre mère (celle qui a habillé Penelope en orange et jaune citron pendant plusieurs saisons d'affilée) s'est résignée à l'avoir comme compagne pour ses vieux jours (oh la perspective alléchante que voilà).

Or Penelope est amoureuse de Colin depuis l'âge de seize ans. D'abord parce qu'il est très séduisant. Mais surtout parce qu'il a toujours eu avec elle une relation de confiance et même de complicité. Parce qu'il a su voir au-delà de sa timidité et qu'il a toujours su la mettre à l'aise. Parce que, par conséquent, leurs échanges sont drôles, intelligents et décompressés, loin des mondanités vides et compliquées entre les bons partis et les jeunes débutantes à marier (et leurs mères avides). Mais elle semble rester éternellement pour lui la meilleure amie de sa jeune soeur.

A trente-trois ans, Colin est un grand voyageur. Toujours sur le départ, absent plusieurs mois par an. Mais quand il voit sa vie à la lumière de celle de ses deux aînés, elle lui semble vide de sens. La vie sociale londonienne l'ennuie et il ne semble pas parvenir à donner un sens à la sienne... A son dernier retour de voyage, cependant, les choses vont prendre un tournant quelque peu inattendu. Des secrets vont être découverts, et les intrigues mondaines vont mettre Londres en ébullition, influençant par là-même la relation de Colin et Penelope.

Voilà encore un tome très réussi dans cette excellente série, chers lecteurs. Pendant trois volumes nous avons accompagné Penelope dans son embarras, et deviner ce qu'il a pu être dans les années in-between, avant ce volume qui se passe une dizaine d'années plus tard. Après tout, se faire remarquer parce qu'on est habillée comme un citron alors qu'on est une adolescente timide et effacée et être prise pour une femme quelconque et inintéressante pendant plusieurs saisons d'affilée n'a rien de plaisant. N'ayant jamais eu aucune proposition de mariage et sûre et certaine que jamais l'homme qu'elle aime depuis douze ans ne la verra sous cet angle, Penelope est bel et bien résignée à finir sa vie vieille fille, à l'instar de son amie Eloïse. Et pourtant, à vingt-huit ans, elle va se transformer et montrer la femme brillante qui s'est toujours cachée derrière la timide... Colin sera ébloui par cette transformation, très confus de ne pas avoir accordé à Penelope l'importance qu'il aurait dû, charmé par cette nouvelle confiance qu'elle a en elle-même, qui le poussera lui aussi à franchir le pas qui donnera du vrai sens à la vie (et je ne parle pas de mariage dans le cas précis).

L'intrigue parallèle est tout autant délicieuse. L'identité de Lady Whistledown nous tenait en haleine depuis le début de l'histoire, ainsi que toute la société, et Lady Danbury ne fait que jeter de l'huile sur le feu en lançant son défi pour la découvrir. Personnellement, je dois avouer que la véritable Lady Whistledown figurait dans ma liste de suspects, mais pas en très haute place (quoique j'ai fini par voir arriver la chose un peu avant qu'elle nous soit dévoilée). Et j'ai été ravie de voir que pour elle aussi, les choses prennent un bon tournant finalement. La scène finale est d'ailleurs une scène de conte de fées, et mon petit coeur en guimauve tout mou était transporté d'émotion.

Le billet de Pimpi, également très enthousiaste. Et merci à Fashion pour le prêt. Vous pouvez d'ailleurs voir aussi son billet ici.

Julia Quinn, Romancing Mister Bridgerton, Avon Books, 2002, 370 p.

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Ce billet est le onzième comptant pour le Mois Anglais de Lou, Cryssilda et Titine.